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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 14:57

Voilà, c’est fait : j’ai couru mon 6e marathon dimanche dernier.

La semaine dernière s’est bien terminée. J’ai été mal fichue jusqu’à jeudi avec de méchants maux de gorge, puis tout s’est arrangé, ouf ! Quelle chance tout de même côté timing : c’était la semaine allégée, ça n’a donc pas eu de répercussion sur mon entraînement. Footings mardi (50’) et jeudi (40’) que j’ai pu faire sans difficulté.

Le week-end du marathon

Lucerne-2013-1539.JPG

Mes deux amies et moi sommes parties sur Lucerne samedi à midi, pour arriver dans l’après-midi, à temps pour retirer nos dossards à l’hôtel Schweizerhof. J’ai trouvé que l’expo était assez petite, qu’on n’était pas forcément très bien guidé dans cette succession de salons mis à disposition par l’hôtel, que la pasta party n’était pas tentante : manger en vitesse debout, ce n’est pas ce que j’attends d’une pasta party ! L’expo fermant à 17h, j’imagine qu’il en allait de même pour la pasta party ? En tous les cas, nous avons décidé d’aller se faire un bon petit repas en ville, les restaurants italiens ne manquent pas.

Nous avons pu nous faire faire des bracelets Asics avec les allures à tenir en fonction d’un chrono précis, allures qui tiennent compte du profil de la course (donc des irrégularités), ce que je trouve une super idée. Du reste, les temps de passage pour chaque kilomètre sont disponibles sur le site internet, mais seulement pour les chronos des meneurs d’allures (3h, 3h15, 3h30, 3h45, 4h, 4h15, 4h30 et 4h45). Très instructif. J’en ai fait faire un pour 3h43 (mon test 5k donnait comme l’an dernier 3h43:30). Normalement, ça donne du 5:18/km. Mais pour compenser les montées/descentes, le bracelet Asics indique 5:15/km sur les parties plates. Donc peut-être un peu plus ambitieux qu’un 3h43:30 sur du plat … Comme l’an dernier, j’avais couru le 1er semi à une moyenne de 5:14/km avant d’accélérer sur la 2e partie, et que je tiens cette année une forme comparable d’après les derniers entraînements et résultats, je me suis dit que ça devrait le faire.

Après cela, nous sommes allées faire notre dernière sortie : 30’ tranquillou incluant 6 x 30"/30" au bord du lac, un petit aller-retour hôtel-zone de départ/arrivée au Musée des Transports. Sensations moyennes, je trouvais mes mollets un peu raides …

Lucerne-2013 1524

Bonne petite soirée sympathique avec repas au resto italien de notre hôtel, situé en pleine vieille ville en zone piétonne (plat de pâtes, marathon oblige), puis essayages de la tenue de course en chambre (ceinture porte-gourdes ou pas ? Combien de gels ? Ceinture porte-dossard ? T-shirt manches courtes ou sans manches ? short trois-quarts ou court ?). Bref, c’était comique ! La nuit quant à elle a été horrible, heureusement que j’avais bien dormi les deux précédentes. L’hôtel est certes très bien situé, mais aussi en plein cœur de la ville, avec toute l’animation que cela suppose. Quel bruit ! Des fêtards tout au long de la nuit, sans interruption, des fenêtres mal isolées ! Quasiment pas fermé l’œil, une horreur.

Le jour du marathon

On s’est levées à 6h, avons déjeuné notre gâteau-sport maison (chacune sa recette), nous sommes retrouvées au restaurant à 7h pour le petit-déjeuner (un thé pour moi, puisque j’avais déjà mangé en chambre). Au réveil, le ciel était bien couvert mais sec. Le temps de remonter chercher nos affaires, la pluie s’est mise à tomber. D’abord faiblement, puis de plus en plus.

Nous avons pu prendre un bus pour nous rendre aux vestiaires y déposer nos sacs : ce n’était pas loin (2 km), mais on n’avait pas envie de se mouiller avant même de s’échauffer ! Là, grosse, grosse pluie. On est donc restées à l’abri jusqu’à la dernière minute, le temps de nous rendre en courant dans le bloc de départ (situé à un petit kilomètres des vestiaires).

Comme le semi-marathon et le marathon partent en même temps, cela fait du monde (environ 9000 inscrits en tout, dont plus de 7000 sur le semi). Nous avons donc choisi de nous mettre dans le bloc « moins de 3h45 », soit le 2e (le premier était pour les moins de 3h30). Car effectivement, chose assez curieuse, les coureurs sont libres de choisir dans quel bloc ils vont courir. C’est la même idée qu’à Valence, sauf que là-bas, il n’y a qu’un seul coup de pistolet, alors qu’à Lucerne, les départs sont donnés toutes les 5 minutes. C’est très bien, ça permet vraiment de fluidifier le peloton.

Nous décidons de partir ensemble, mais chacune courra pour elle-même, on ne s’attendra pas si on voit que l’allure ne nous convient pas.

Déjà jamais très motivée pour ce marathon, je n’ai vraiment pas envie de courir avec en plus cette pluie qui tombe. Bon, on verra bien ce que ça donnera, mais j’avoue n’avoir jamais pris le départ dans un tel état d’esprit. Je demande si j’arriverai à résister à la tentation de m’arrêter au premier tour ! On part donc autour des 5:15, ou tout du moins on essaie. Si les 4 premiers kilomètres sont plats, mon GPS affiche de grandes variations (il affiche pourtant l’allure moyenne par km et non instantanée) alors qu’il me semble qu’on a une allure constante. Je décide de me fier à mes sensations plus qu’à ma montre. Et de toutes façons, la première côte arrive assez vite, inutile donc e se focaliser sur le chrono. Il y a énormément de monde avec tous ces coureurs, pas mal d’ambiance dans la ville. Pourtant, tout cela ne semble pas me toucher, je suis comme « à côté de ma course », un peu comme à Morat-Fribourg.

Les kilomètres 5-10 sont vallonnés, avec deux principales côtes. Elles me paraissent acceptables, sans doute encore à cause de mon bon état de fraicheur (on n’est qu’au début). Dans la 2e descente, je ne vois plus mes copines, elles sont sans doute un peu derrière. Faut dire que j’ai pas mal accéléré dans la descente, sans forcer pour autant, mais disons que je fais le yo-yo en fonction du profil. Et je dois dire que ça fait du bien de pouvoir dérouler un peu :)

Je ne vais pas détailler toute la course, ce serait ennuyeux, et je ne me souviens pas de tout. Ce que je peux dire, c’est que le parcours est certes varié, mais difficile. Après les côtes, ce sont les nombreux virages, un passage étroit sur chemin non goudronné, un passage dans le bâtiment du KKL (assez fun je dois dire, avec un tapis bleu au sol, des jeux de lumières et musique à fond), un passage dans la vieille ville sur routes pavées, bref, beaucoup de changements qui ne permettent pas d’adopter une vitesse constante. Très difficile dans ces conditions de trouver son rythme. Assez vite, je vais renoncer à rechercher une allure particulière. Je vais quand même régulièrement vérifier sur ma montre que je ne dépasse pas les 5:18, et quand ça arrive, j’essaie d’accélérer. Quant au bracelet Asics, il ne me sera d’aucune utilité : c’est écrit trop petit et je n’arrive pas à le lire en courant !

Au demi-tour (que cette ligne droite me paraît longue), le gros du peloton nous quitte, ne restent plus que les marathoniens. Et là, quel contraste ! On a plus de place pour courir (c’est le moins qu’on puisse dire), mais je sens que ça va être plus dur. Beaucoup moins d’animation dans les rues, beaucoup moins de public (sauf sur les derniers kilomètres). Je ne me pose pas la question d’arrêter ou non, c’est déjà bien ! La pluie s'est arrêtée, et le soleil commence même à percer. Les montées du 2e tour me paraissent comme prévu bien plus importantes, et on les voit mieux sans tout ce monde autour de soi. Pourtant, elles passent relativement bien, je garde une bonne allure (je force un peu, car je sais que je pourrai récupérer dans la descente). Toute la fin du parcours se fera uniquement au mental, sans plaisir. Ma tête commande, je me force à garder un certain rythme quand je sens que mes jambes calent un peu. Ce n’est pas évident, mais j’y arrive. Je me dis que c’est tout ce que j’ai à faire : veiller à ne pas ralentir. Comme mon souffle va super bien, mes pulsations aussi, seules mes jambes sont fatiguées. Sans douleurs ni crampes, je n’ai aucune excuse pour ralentir, c’est aussi ça un marathon : ça ne se fait pas sans quelques efforts …

La météo s’est bien arrangée, et il fait carrément beau sur la fin. Vers le 39e km, avant d’entrer dans la vieille ville, j’entends "Allez chérie !" ! Et stupéfaite, je vois mon homme qui est là, il m’a fait la surprise de venir m’encourager ! Incroyable ! Ca me donne un bon coup de fouet, et je vais pouvoir finir "en force", ragaillardie par cette superbe attention. Ça monte un peu puis redescend, et on arrive sur les deux-trois derniers kilomètres qui sont plats. Au 42e, j’hésite à regarder ma montre, je ne veux pas me mettre la pression (à ce moment là, je n’ai aucune idée de mon temps). Puis je me souviens de ma frustration à Morat-Fribourg, où j’ai fait 1h30:01. Alors je me décide à regarder quand même, et je vois 3h29 (pour les secondes je ne sais pas). Là, je me dis que contre toute attente, je devrais pouvoir passer sous les 3h40 en tirant un peu. J’accélère, et j’arrive en 3h39:27 ! Pari improbable réussi, je suis super contente ! Voilà qui va gommer le manque de plaisir pendant la course. Ça en valait la peine, je suis fière de moi, je ne m’y attendais vraiment pas !

J’attends les autres, je cherche mon homme (qui a certainement rejoint la zone d’arrivée), mais il y a beaucoup de monde, et je ne vois personne. Je vais retirer mon T-shirt de finisher, et je me rends aux vestiaires prendre une douche bien méritée : je suis trempée jusqu’au slip avec toute la pluie qu’on a ramassée. En sortant de la douche, je retrouve mes copines, qui sont bien fatiguées, elles ont passablement souffert. Elles ont vu mon mari et m’indiquent où il se trouve. Je vais le rejoindre pendant qu’elles se douchent, on se boit une bonne bière (elle était dégueulasse !), et on va les retrouver. On se rendra tous ensemble à l’hôtel (encore deux bons kilomètres à marcher, mais ça fait beaucoup de bien). Pour ma part, je me sens encore très en forme, pas de douleurs, les jambes à peine fatiguées. J’ai vraiment de la chance je dois dire. On ira se manger une bonne pizza, puis il est temps de rentrer sur Lausanne. Un week-end fort sympathique, qui malgré le manque de plaisir sur la course, aura été très convivial et même très positif pour moi.

Aujourd’hui, tout va bien, j’ai bien dormi, mais j’ai quand même les mollets bien courbatus je dois dire.

Quelques chiffres : 1er semi en 1h50:57, 2e semi en 1h48:30, soit un negative split de 2:27

Ma Garmin indique un dénivelé (positif et négatif) de 430 mètres tout de même (contre seulement 140 à Lausanne). J’aimerais bien vérifier, mais je ne trouve nulle part le dénivelé cumulé officiel.

Mes impressions

Tout d'abord le marathon : Lucerne et ses alentours sont juste magnifiques, j'adore cette région. Le parcours pourtant n'a rien de très exceptionnel à mon goût. Evidemment, le mauvais temps y est certainement pour quelque chose sur mon impression générale. Il y a de très beaux passages (le long du lac, à travers la vieille ville), mais le reste m'a paru quelconque. L'ambiance est très bonne, mais surtout sur le semi. On se sent un peu abandonnés sur le 2e tour, on a le sentiment d'être des retardataires oubliés. Pas partout, mais sur la plus grande partie du parcours. Alors que c'est justement quand les kilomètres s'accumulent qu'on aurait besoin d'encouragements ... Heureusemet, on retrouve la foule sur les derniers kilomètres. Et heureusement aussi, la météo s'est mise de notre côté sur la fin.

Personnellement, je préfère Lausanne. Le cadre est magnifique avec le lac d'un côté, et le vignoble du Lavaux de l'autre (patrimoine mondial de l'UNESCO). Il y a moins d'animation, mais c'est plus régulier. Le plus terrible à Lucerne, et c'est ce que je craignais, ce sont ces 2 boucles. Et cette idée aberrante de faire partir le semi avec le marathon. Une erreur à mon avis.

Quant à l'organisation, elle est excellente, mais on aurait apprécié la distribution avec le dossard d'une pélerine en plastique, comme cela s'est longtemps fait à Lausanne. Cela nous aurait permis de mieux attendre sous la pluie. De même à l'arrivée, pas de couverture. Bon, je fais la difficile, parce que honnêtement, tout le reste est très bien. On mettra ma sévérité sur mon manque de motivation et ma mauvaise nuit à l'hôtel  Je crois que mon manque de motivation m'a rendue hermétique à certains aspects que j'aurais bien mieux appréciés si j'étais arrivée avec un esprit positif !

Quant à ma performance, j'en suis ravie. C'est mon troisième marathon consécutif sous les 3h40, et très sincèrement, je ne pensais pas pouvoir le faire hier, sur ce parcours, alors que j'y allais sans grande envie. La météo, soyons honnêtes, n'était pas si mauvaise que ça pour courir : il  pleuvait, certes, mais une fois lancés, ça ne gêne plus vraiment. Il n'y avait pas de vent, ce qui aurait été bien plus gênant !

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 15:35

C’était hier ma 6e participation à cette grande classique qu’est Morat-Fribourg. Mon 2e meilleur chrono. Impression mitigée pourtant. Peut-être qu’avec un peu de recul je saurais mieux faire le point. Pour l’instant, je ne sais pas si je dois être satisfaite ou non.

Inscrite dans le bloc <1h35 (chrono de 1h30:57 l’an dernier), j’étais à ma place. Le bloc précédent était pour les <1h30. J’ai pour une fois choisi de me placer assez devant, après en avoir discuté avec une copine du club. En effet, ça bouchonne très vite. Habituellement, je n’aime pas me mettre devant, car je pense qu’il faut savoir rester à sa place, et ne pas gêner les plus rapides sous prétexte de grapiller quelques secondes. Je préfère aussi les départs prudents, les quelques secondes « perdues » à piétiner sont un bon investissement je pense, si on ne perd pas trop d’énergie à slalomer pour dépasser. Là, j’étais théoriquement juste, je ne devais donc gêner personne.

Bref, départ aux premières loges donc (les blocs partent toutes les 3 minutes). Déjà, cafouillage à quelques secondes du départ, avec ma ceinture porte-dossard qui s’est subitement desserrée alors que je voulais l’ajuster. J’ai dû faire un nœud dans la précipitation pour qu’elle tienne. Le coup de pistolet retentit, je pars encore en train de nouer ma ceinture. Ce sera sans incidence, je suis le flux. Mais très rapidement, je me dis que l’allure est trop rapide. Ça ne fonce pas, mais tout de même, il me semble qu’on va vite. Après environ 200-300 mètres, je décide de ralentir. Je me fais dépasser de toutes parts, et je me dis que j’ai été stupide de choisir cette option. C’est bien plus grisant de partir doucement, et de prendre peu à peu son rythme, pour ensuite suivre le flux ou dépasser. Là, j’ai clairement l’impression d’être à contre-courant. Passage au 1er km en 4:44 malgré le ralentissement, c’était donc bien beaucoup trop rapide !

Je trouve malgré tout assez vite la bonne allure, du moins il me semble. Je ne me laisse pas perturber par tous ceux qui me dépassent (ça va durer quelques kilomètres mine de rien !). La première montée est vite là, après 1.5 km environ. Replat après 500-600 mètres, puis c’est parti pour la 1ère vraie montée, sur 2 km. Je cours au feeling, je suis bien, le souffle va bien, les jambes aussi. Objectivement. Pourtant, ce n’est pas l’euphorie. Mes pulsations sont basses, je suis au maximum à 160 puls au haut de la montée, même pas au seuil ! Je veux garder de la réserve pour la suite, c’est loin d’être fini. Je cours bien, je gère, mais je n’ai pas particulièrement de plaisir. Je reprends de la vitesse sur la partie "plane" (c’est encore légèrement vallonné, mais très roulant).

N’ayant pas pu prendre de gel au départ (j’en ai perdu un à l’échauffement), j’en prend un au 7e km plutôt qu’au 10e comme je l’avais prévu. Pour la bonne conscience, car je ne pense pas honnêtement que sur une si « courte » distance, on puisse être à court de sucre. Mais j’aime bien faire ma répétition générale pour le marathon, même si je connais déjà les produits et que je sais qu’ils me conviennent.

On arrive à Courtepin, je prends un verre au vol, je m’agace un peu des gens qui s’arrêtent presque au milieu pour boire ! La voie du milieu devrait rester libre pour ceux qui courent il me semble. M’enfin bon, pas la peine de s’énerver, à nouveau, quelques secondes ne changent rien.

Dans la descente de Pensier, j’essaie de ne pas trop accélérer, juste me laisser porter par la pente, car il y a après la terrible montée de la Sonnaz, et il faut avoir du jus pour l’attaquer.

Je suis toujours dans la gestion, mais sans plaisir je dois dire. C’est curieux, je ne sais pas à quoi c’est dû. J’aborde très prudemment la première partie de la montée de la Sonnaz, puis j’accélère dans la 2e partie, la plus longue. C’est drôle, je suis toujours assez bien sur cette portion là. Il y a le DJ avec sa techno, et je regrette qu’elle soit moins forte que les autres années. D’habitude, on l’entend de loin et longtemps, là, ils ont baissé le volume. Dommage … Du reste, il me semble qu’il y avait aussi moins de groupes de Guggenmusik que d’habitude. Curieux pour la 80e édition !?

A partir de là, je dépasse du monde. J’arrive dans la dernière partie très roulante avant l’entrée dans Fribourg. Je n’aime pas ce passage dans cette zone industrielle. Arrive l’entrée dans Fribourg (je prends en vitesse mon gel coup de fouet avant le dernier ravitaillement, pour pouvoir boire avec), qui me paraît toujours très longue, avec sa première bosse et sa montée finale sur l’arrivée. Elle me paraît moins longue cette fois, sauf la dernière montée qui est vraiment pénible. J’accélère car c’est le dernier effort, mais sans réussir à vraiment me donner, je n’ai pas la motivation à me faire mal.

Je le regretterai après, car mon car mon temps aura été de 1h30:01 ! Il aurait suffi d’un petit sprint pour passer sous l’heure trente, seuil psychologique ! Pas grave, c’était à ma portée, je n’ai pas regardé ma montre, bien fait pour moi !

1h30:01 sur 17.45 km, c’est 1h28:34 rapporté aux 17.17 km habituels, soit sans le petit détour pour éviter le pont en travaux. Mon meilleur chrono est 1h26:23 (2011), donc en gros 2 minutes de moins. De ça, je suis très contente, car 2011 était une année exceptionnelle pour moi (et je pesais 8 kg de moins !). Par contre, en 2011, c’était l’euphorie, du plaisir de bout en bout. Là, une certaine apathie qui me laisse une drôle d’impression.

Contente aussi par rapport à l’an dernier, car je gagne presque 1 min. (même distance cette fois, il y avait déjà les travaux), avec 2.5 kg de plus. Donc il semblerait que malgré mes péripéties de début d’année (bon, j’avais aussi fait des miennes début 2012), j’aie bien récupéré ma forme, le plan porte ses fruits. Mais il manque indéniablement l’enthousiasme. Faut dire que je ne me réjouis pas de Lucerne comme je me réjouissais pour Valence l’an dernier ou Lausanne en 2011. Je me réjouis parce que j’aime les marathons. Mais si ça ne tenait qu’à moi, ce n’est certainement pas celui-là que j’aurais choisi. Ceci explique peut-être cela …

Je m’interroge aussi sur ma capacité à monter fort en intensité. Quand je regarde mes pulsations, je suis quand même perplexe. Déjà l’an dernier, j’avais le sentiment d’avoir pu donner plus, ma moyenne était basse (162 puls, soit juste en-dessous du seuil, qui se situe entre 163 et 169 puls pour moi, selon mon test de lactate). Là, je ne suis qu’à 156 de moyenne, soit 6 puls de moins ! Je suis même descendue à 145 dans la descente de Pensier, c’est dire si je n’ai pas tiré dans cette dernière. Et là, ça rejoint ce que me dit mon homme : je me préserve sans doute trop, par peur de câler, de ne pas tenir.

Et pourtant, j’ai le sentiment d’avoir quand même fait un bel effort, je ne me suis pas promenée. Mais j’avoue aussi avoir toujours été très à l’aise côté souffle, ce sont plutôt les jambes qui suivent moins bien. Alors quoi : c’est ma fc max qui a drastiquement baissé ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à tirer plus ? Est-ce c’est ma peur de ne pas tenir qui me fait rester sur ma réserve ? Ou suis-je vraiment incapable d’aller plus dans le dur ? Faut dire que quand on n’a pas de plaisir, on se fait moins volontiers mal … Est-ce que tout tient à ça ? Manque de plaisir, de motivation ? C’est ça qui me laisse cette impression mitigée dont je parlais au début. Le sentiment d’avoir géré, et paradoxalement d’avoir pas su donner plus, d’être incapable de me bousculer et de me faire mal … Frustrant.

Mais on va rester sur du positif, car après tout, ça s’est bien passé, et je n’ai pas le sentiment non plus d’avoir subi ma course, loin s’en faut. L’entraînement paie, ma forme est bonne. J’ai bien quelques soucis avec mes tibias, mais j’ai trouvé quelques parades qui devraient faire l’affaire d’ici au 27 octobre (manchons de compression, anti-inflammatoires, glaçage, compresses Flector, massages). Quant à Lucerne, le cadre est tout de même magnifique, ce sera certainement une très belle expérience tout de même (il me faut juste digérer le fait de devoir faire 2 boucles).

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 12:07

Valence-0036.JPG

Autant vous avertir tout de suite, ça risque d’être long ! Tant de souvenirs, tant d’émotions, difficile de tout résumer en quelques paragraphes.

Inscrits depuis le mois d’avril, voici enfin venu ce week-end tant attendu, mon gros objectif de l’année et une escapade en amoureux. Je ne vais pas me répéter, vous savez déjà que ma préparation s’est bien déroulée, que j’ai suivi scrupuleusement mon plan, que j’en ai parfois bavé, que mes compétitions préparatoires se sont toutes bien passées, bref, je me sens prête.

Le voyage

Nous sommes partis vendredi en milieu de journée, avec 1h30 de retard. Les 3 heures d’escale à Madrid se sont réduites de moitié, pas de quoi rater le vol, loin s’en faut, mais de quoi perdre nos bagages : arrivés à Valence, Iberia nous annonce que nous ne les aurions pas avant le lendemain. Une trousse de dépannage est remise chacun, avec de quoi se débarbouiller, un « pyjama » (short / T-shirt) et des pantoufles jetables. Prudents, nous avions nos runnings avec nous : Evaristo dans son sac à dos, et moi à mes pieds. Au moins, nous avions l’essentiel si nous devions ne pas retrouver nos bagages !

Nous nous rendons à l’hôtel en métro puis à pied (quand même un bon km). Il s’agit de l’hôtel officiel du marathon, le Holiday Inn qui se trouve à 15’ à pied de la cité des sciences, lieu de départ et d’arrivée. L’établissement est très bien, c’est un grand bâtiment moderne, les chambres sont bien isolées et très calmes.

IMG_0014.JPG

Nous allons manger un plat de pâtes aux fruits de mer dans le restaurant italien de l’autre côté de la rue, histoire de faire le plein de carburant. Bon, les pâtes, ce n’est décidément pas la spécialité des Espagnols, elles étaient bonnes mais beaucoup trop cuites ! Nous avons aussi terminé le gâteau-sport maison entamé la veille dans la journée, le 2e gâteau (d’Overstims) pour samedi et dimanche matin est quant à lui dans nos bagages …

Le lendemain matin, toujours pas de bagages, nous nous rendons donc à l’expo retirer nos dossards. Il a plu durant la nuit, les chaussées sont bien mouillées, et le ciel est gris, c’est tristounet. Malgré tout, il fait sec (pluie annoncée pour tout le week-end aux dernières prévisions), et surtout il fait très bon : 19°C. Pourtant, cette ville me plaît déjà : ses parcs sont magnifiques, ses allées larges, c’est propre, la première impression est très positive. Le site de la Cité des sciences est tout simplement magnifique. Moderne, entouré de verdure (et c’est encore très vert là-bas !), de cours d’eau, un régal pour les yeux. Des promeneurs, des joggeurs, des familles avec enfants, tout un petit monde paisible circule dans cette zone, et bien sûr, les participants aux deux courses du week-end : le marathon et le 10 km.

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Retrait facile, bien organisé, tout roule. L’expo est bien faite, avec pas mal d’exposants. Après avoir retiré nos dossards, on peut vérifier le bon fonctionnement de la puce sur un écran qui affiche nos coordonnées. Pendant ce temps, la météo s’arrange, il ne fait pas grand beau, mais le ciel se dégage, pourvu que ce soit pareil dimanche !

Nous allons retirer notre sac de coureur (dans lequel on pourra mettre les affaires que l’on veut récupérer à l’arrivée), avec un beau T-shirt (modèle différent pour femmes et hommes), des bons et de la documentation. Une paella-party est organisée de 13h00 à 15h30, nous décidons d’y aller. Elle est servie en extérieur, avec des tables à l’abri, mais d’abord, nous retournons à l’hôtel récupérer nos bagages qui sont enfin arrivés. Et puisque nous avons du coup nos tenues, nous en profitons pour faire notre ultime sortie : 30 minutes tranquillou et 6 lignes droites (100 m). Il fait moite, on transpire, mais j’ai une pêche d’enfer, c’est bon pour le mental !

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Le soir, pendant le souper (du riz au homard, miam !), nous débattons (c’est le mot !) de notre stratégie de course : Evaristo aimerait bien viser 3h40, mais ne sait pas si il ose risquer ce chrono. Il n’a couru qu’un marathon dans la douleur à New York à cause de son genou, et craint d’avoir à nouveau des problèmes. Par contre, il est nettement plus rapide que moi (1h41 au semi). Quant à moi, toujours très carrée et rationnelle, je n’ai pas envie de risquer de tout rater pour grapiller quelques malheureuses minutes : 3h40, ce n’est de toutes façon pas mon record, mais c’est à priori plus que ce à quoi je peux prétendre cette année : mon test 5k me permet d’espérer un chrono de 4:43:30 (ça y est, c’est dit !), ce qui me suffit amplement ! Je n’ai pas de pression, mais un peu d’appréhension quand même, un marathon n’est jamais gagné d’avance, et si je ne cherche pas à faire mieux qu’en 2011, j’aimerais quand même faire un bon temps, et surtout, ne pas tout foirer en étant trop ambitieuse. Alors, courir ensemble ou pas ? Nous n’arrivons pas à nous décider, et décidons que la nuit portera conseil.

La course !

Un gros orage a éclaté pendant la soirée, mais quand nous nous réveillons, le ciel est bien dégagé ! Ils se sont trompés aux prévisions, youpie ! Par contre, il va faire chaud, alors je choisis ma tenue d’été (sans manches) et prends mon porte-gourdes. C’est très amusant de courir en Espagne à cette saison, car pour eux, il fait déjà frais, et il faut les voir avec leurs couches et manches longues, incroyable !

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Nous nous rendons donc à pied sur le lieu du départ, et allons remettre nos sacs dans la zone prévue. Tout est très bien organisé, mais que de monde ! 9200 inscrits sur marathon, et quelques 3000 sur le 10k. A peine le temps de faire pipi et de trottiner 8-10 minutes, que c’est déjà l’heure de se rendre dans l’aire de départ. Pas de blocs, mais des zones grossièrement indiquées par des drapeaux de couleur correspondant à celles des dossards. Le départ des 2 courses étant donné simultanément, nous manquons de nous enfiler dans la fausse colonne, celle des 10k ! Heureusement, on s’en aperçoit et on change d’allée.

On se place au beau milieu de la zone orange, ce qui correspond à nos chronos estimés au moment de l’inscription (3h40). Le départ est donné, des pétards sont tirés, il y a une ambiance du tonnerre ! C’est parti, tout tranquillement. D’après les chronos officiels, nous mettrons 4:05 à franchir la ligne de départ. Le pont est commun aux deux courses, mais il est divisé en deux, et les parcours se séparent ensuite. Que de monde, que de monde ! Les avenues sont larges à Valence, mais elles sont bien remplies par les coureurs. Je reste sur ma décision de partir à 5:18/km, quand à Evaristo, pour l’instant, il court avec moi. C’est difficile de rester ensemble tant il y a de monde. On zigue-zague, on essaie de dépasser comme on peut, car ça trottine vraiment. Le premier kilomètre sera bouclé en 5:30, pas si lent finalement compte tenu du début ! Vers le 3e km, ô surprise, on voit le ballon des 4h30 !! Mais à quelle allure sont-ils partis ? C’est dingue !? En fait, on l’apprendra après, et c’est peut-être le seul « défaut » de ce marathon, les ballons étaient tous placés à l’avant. Tout à fait étonnant, car ils ont dû gêner bien des gens plus rapides. Une erreur de débutant on dira. Car si c’est la 32e édition de cette course, ce n’est que la 2e année que le départ a lieu depuis la Cité des Sciences, et ils ont carrément doublé le nombre de participants, l’an dernier, et à nouveau cette année. Un succès en grande partie dû à ce cadre magnifique, et au parcours très plat.

Peu après, Evaristo prend de l’avance, et je le laisse partir. Nous ne courrons donc finalement pas ensemble. J’essaie de tenir les 5:18, je suis un tout petit tantinet plus vite, mais qu’est-ce que je me sens bien ! Le parcours est incroyablement plat, ça change de Lausanne (non pas que ce dernier soit vallonné, mais il comporte de nombreux faux-plats). Il y a de la musique tous les km, voire même plus ! Les spectateurs ne sont pas trop nombreux au début, mais il y en aura de plus en plus au fil des kilomètres, et ce sera du délire sur la fin. Hormis le passage au nord de la ville, un peu moins beau, c’est décidément une très belle ville. Il fait bon (14°C quand on s’est levés, le thermomètre montera jusqu’à 22°C), il fait beau, je suis bien.

Comme en 2011, je dois me freiner, régulièrement. Normal, c’est un marathon, il faut être bien au début, faute de quoi on est mal barré ! Donc du pur plaisir, et plus les kilomètres passent, plus je me sens bien. J’essaie quand même toujours de rester régulière, le semi arrive (1:51:29, je suis dans les temps, 20 secondes d’avance), on est en plein soleil, je dois prendre garde. Mais quand même, j’accélère peu à peu. Je suis portée par certaines musiques, comme par exemple le thème des « Chariots de feu », diffusé à fond qu’on entend loin à la ronde, ou encore par la musique techno dans le long tunnel après 27e km (excellente idée soit dit en passant, de quoi tuer la monotonie du tunnel).

En fait, je vais gentiment accélérer, d’abord sans m’en rendre vraiment compte, car je n’ai pas les yeux rivés sur ma montre, étonnamment. Mon chrono bipe à chaque km et affiche le temps du « circuit » quelques secondes, un petit coup d’œil me suffit à vérifier mon allure. Quand le 27e km bipe, peu avant l’entrée du 1er tunnel, j’aperçois avec horreur 4:52 ! Là, je me force à ralentir, c’est de la folie. Dur de ralentir avec cette techno. Dans le tunnel, je suis surprise de voir mon homme, que je vais dépasser. Il a l’air bien (il me le confirmera par la suite, ce n’est qu’après que ça s’est corsé pour lui, vers le 30e).

Je retourne à un rythme assez régulier, plutôt calé sur les 5:10 que 5:18, mais ça ne me fait pas peur. C’est très étrange. Je vais peu à peu entrer dans une sorte d’euphorie, et pour la première fois depuis que je cours, je ne vais plus écouter ma raison mais mon cœur. De la folie ? Sans doute, mais qu’importe me dis-je ! Après tout, c’est mon 5e marathon, il me semble me connaître un peu, je suis si bien, les jambes tournent bien, et heurter le mur du 30e ne me fait soudain plus peur. Ça doit être les endorphines, ce n’est pas possible, ça me ressemble si peu ! Je me rappelle les conseils de Teresa : maintenir l’allure jusqu’au 35e, puis si je le peux accélérer mais pas ne réduire l'allure de plus de 7 secondes. Or, j’ai déjà une allure plus rapide que prévue, et j’accélère encore : de la folie pure ! Et donc, je ne me l'explique pas encore, je me suis dit « et puis m…., j’y vais ! ». Et le 30e qui n’était même pas encore là ! Il faut dire que l’accélération est douce et progressive, et que je ne la sens pas. Ma tête n’est pas synchronisée avec mes sensations, elle me dit « t’es folle » alors que mes sensations me disent « mais non, vas-y, tu le peux ».

Bref, ça cogite dans ma tête, mais rien n’y fait, je continue sur ma lancée. Il y a des moments où je sens que les jambes sont plus lourdes, qu’il faut tirer pour maintenir l’allure, mais je continue, imperturbable, toujours transcendée. J’ai pris un gel tous les 5 km (à peu près, parfois un peu après), et je sens qu’à chaque prise, je regagne en énergie. Donc finalement, je n’en perds jamais vraiment. J’ai mes gourdes avec moi, mais les ravitaillements sont si bien faits que je les touche à peine. On nous distribue des mini-bouteilles, qui tiennent très bien dans la main. J’en aurai toujours une à la main, en réserve.

Dans les moments moins faciles, je me dis « tu ne vas pas lâcher maintenant : tu as voulu tenter le tout pour le tout, va jusqu’au bout maintenant ». Je me dis que rien ne doit m’arrêter, sauf si je ne peux pas faire autrement. Côté souffle, je suis très bien. Les jambes veulent parfois un peu ralentir, mais que nenni, je ne les laisse pas prendre les commandes !

Les kilomètres défilent, je suis moins euphorique, mais toujours déterminée. Quand on passe le 32e, je me dis « plus que 10, ce n’est rien du tout 10 km », je les comptes un à un, et ils défilent assez vite, finalement. Je passe sous les 5’ au kilomètre, c’est de la pure folie. Je ne sais même pas ce que je vise au juste. Je me dis que je vais peut-être pouvoir rattraper les quelques minutes qui me manquent pour arriver à 3h40. Etre à nouveau sous les 3h40 serait le top, inimaginable ! Je ne regarde pas mon temps, je ne veux pas me faire peur (et de toutes façons, les temps de passage ne me disent rien). Je cours, je dépasse, je dépasse, plus ça va et plus je dépasse. Je manque même de tomber une fois à un ravitaillement, car il y a toujours beaucoup de coureurs, et quand ils s’arrêtent net, c’est difficile de les éviter !

Je dois dire que je suis surprise, par rapport à Lausanne, du peu de coureurs en réelle difficulté. Certains marchent ou ont des crampes, mais ils sont rares. Je vois beaucoup moins de ravages qu’à Lausanne, pour ne pas dire très peu. Mais comme j’ai pas mal accéléré, mine de rien, forcément, je dépasse du monde !

Bon, je ne vais pas fanfaronner non plus, les derniers kilomètres n’ont pas été faciles. De très à l’aise, je suis peu à peu entrée dans le dur. Mais je n’ai jamais câlé. J’ai tenu ma folle accélération jusqu’au dernier mètre. Je ne me suis pas arrêtée une seule fois, pas même marché aux ravitaillements, toujours attrapé la bouteille à la volée.

L’arrivée est juste magnifique, sur ce plan d’eau ! Le public est déchaîné, nous hurle des encouragements, c’est MAGIQUE ! Je passe la ligne, et je vois 3:37:19 à mon chrono (qui sera confirmé par la puce) ! Je n’en reviens pas, j’ai fait 6 minutes de moins temps prévu ! Je marche pour ne pas arrêter mes jambes tout net, et attends Evaristo. Les jambes sont lourdes mais vont bien, je fais quelques étirements après quelques minutes. Evaristo arrive un peu après, il termine en 3:48:56 à son chrono, satisfait de terminer sous les 3h50. Il a souffert mais il a géré, n’a perdu que 8’ sur le 2e semi alors que son genou tirait et que les jambes étaient lourdes. Il n’a pas baissé les bras et s’est battu jusqu’au bout lui aussi.

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Dans l’aire d’arriée, nous recevons la médaille, bien sûr, mais aussi un sac de mandarines (c’est la région !), des patisseries, des boissons, un linge. Evaristo souhaite s’asseoir un moment, il y a toute une zone pour ça, on est au soleil, il fait super doux. Puis en allant récupérer nos sacs, on passe devant une aire de massages : au bas mot 50 masseurs/euses qui dorlotent les jambes des coureurs. On décide d’en profiter, à peine quelques minutes d’attente et c’est déjà notre tour. Une moment agréable très apprécié.

Les sacs sont récupérés facilement en montrant notre dossard.

Vraiment, une organisation au top ! Il ne manque que les blocs au départ, sinon, tout est PARFAIT ! Et tout se fait dans la bonne humeur, avec le sourire, c’est vraiment un marathon extraordinaire. Je ne peux que le recommander du fond du cœur. Une très belle ville, un très beau parcours, rapide qui plus est, une douceur qui fait du bien en novembre, un public d’enfer, et un cadre somptueux ! Valence, on y est en un week-end, les vols ne sont pas chers si l’on s’y prend à temps. Et on y mange aussi très bien !

Les chiffres

Alors voilà, c’est assez dingue. Je suis bien évidemment sur mon petit nuage. Je bats mon record de 1:21 alors que je n’avais pas du tout prévu ça. Mais ce qui me sidère le plus, c’est de voir les chiffres. Car si je sais bien que j’ai été plus vite sur le 2e semi je ne pensais pas l’avoir couru en 1:45:50, soit à 13 petites secondes de mon record sur la distance, avec déjà un semi dans les jambes ! Quant à la vitesse, laissons parler les chiffres.

Temps officiel (au coup de pistolet) : 3:41:24

Temps réel (à la puce) : 3:37:19 (11,65 km/h - 5:09/km)

Temps de passage selon puce* (avec vitesse pour chaque pallier) :

10k : 53:12 soit une vitesse de 11.28 km/h (5:19/km) sur 10k

15k : 1:23:42 soit une vitesse de 11.36 km/h (5:17/km) sur 5k

semi : 1:51 :29 soit une vitesse de 11.48 km/h (5:14/km) sur 6.1k

25k : 2:11:41 soit une vitesse de 11.59 km/h (5:11/km) sur 3.9k

30k : 2:37:07 soit une vitesse de 11.8 km/h (5:05/km) sur 5k

35k : 3:01:58 soit une vitesse de 12.07 km/h (4:58/km) sur 5k

42.195k : 3:37:19 soit une vitesse de 12.21 km/h (4:55/km) sur 7.2k

*les résultats complets figurent ici, mes résultats détaillés sont .

Voilà qui me laisse songeuse. Décidément, je crois que le marathon est une distance qui me convient bien, que j’aime vraiment. Parce qu’on y est bien, c’est une allure qui est facile à tenir, il faut juste gérer les douleurs (quasi inexistantes dans mon cas, je n’ai pas beaucoup de mérite) et balayer les pensées négatives. Je souffre sur les courtes distances, car je peine à me mettre dans le rouge, ce que j’ai constaté tout au long de ma préparation. J’ai bien senti à Morat-Fribourg et à Lausanne qu’il me semblait pouvoir donner plus, maintenant ces chiffres me le confirment. Pourtant, sur le moment, même si je cherche toujours à gérer et à rester dans un certain confort, j’ai l’impression malgré tout de donner le meilleur de moi-même. Là, je commence à me poser quelques questions quand même. Et puis bon, je n’aime pas me faire mal. Ma foi, à chacun son truc !

En tous les cas, pour le moment, je savoure mon bonheur !

Classement :

Classement en temps réel : 3013 sur 7737 finishers (H+F)

Classement en temps officiel : 3220 sur 7737 finishers (H+F)

Classement femmes toutes catégories : 123 sur 689 

Classement (temps officiel) catégorie : 17 sur 144 veteranas fem C (pas de classement catégorie au temps réel) 

Classement par pays : 5 sur 32 Suisses (H+F)

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 11:02

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Ça y est, la dernière course préparative est faite. Il ne reste plus que trois petites semaines jusqu'au marathon maintenant, avec encore quelques belles séances avant de lever le pied.

Donc en quelques mots, tous se passe toujours bien. Je suis mon plan à la lettre (est-il encore besoin de le préciser ?), souvent en solitaire, parfois accompagnée de mon tendre époux. C'était plus fun l'an dernier avec l'équipe que nous formions, mais je m'y suis faite, et j'ai malgré tout beaucoup de plaisir à suivre cette prépa.

J'ai même trouvé moyen de nous trouver un beau parcours aux alentours d'Europapark mardi dernier : il y avait une sortie avec 20' de tempo au milieu, et il n'était pas question de la manquer, ni le footing du lendemain d'ailleurs. Alors hop, je me suis "rendue" sur Openrunner, j'ai zoomé sur Rust (la localité qui héberge le parc d'attractions au Sud de l'Allemagne), et je me suis concocté un petit parcours de 9 km en campagne. Top ! Une belle boucle sans tourner en rond ni faire d'allers-retours, de petites routes peu fréquentées et même de beaux chemins non goudronnés, un profil tout plat ! C'est quand même fou ce qu'on peut faire de nos jours grâce à internet ! Mon homme a fait une petite infidélité à son plan et m'a accompagnée, il n'osait pas me laisser m'aventurer seule dans la nature germanique ! Nous avons remis ça le lendemain matin au réveil, avant le petit-déjeuner, pour un petit footing fort agréable avant de filer sur l'Aslace et ses beaux vignobles. Une sympathique escapade loisirs et sportive de deux jours.

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Départ du marathon à 10h10

Donc dimanche, c'était le Lausanne marathon, qui propose trois distances, dont le semi. Après une magnifique et douce semaine automnale, l'hiver a fait une brusque apparition précisément pour le jour de la course ! Samedi déjà, les températures ont chuté en cours de journée, et les premiers flocons ont commencé de tomber l'après-midi. La nuit de samedi à dimanche, le vent s'est levé, pour se montrer tempétueux : rafales jusqu'à 110 km/h sur le plateau, jusqu'à 140 km/h sur les crêtes du Jura. Au réveil dimanche matin, le paysage était vraiment hivernal, les fenêtres blanchies par la neige soufflée.

Nous nous sommes rendus à la gare en métro avec des amis, où nous avons pris le train pour la Tour-de-Peilz, lieu de départ du semi. Et là, agréable surprise : pas de neige au sol, seulement un bon vent glacial, mais finalement pas pire qu'une journée de janvier, juste un peu précoce pour la saison ! Pour nous, le départ était à 13h30 (13h39 précisément dans mon cas, avec les départs en blocs). Les marathoniens quant à eux partaient partis à 10h déjà, au plus fort de la tempête. J'ai bien pensé à eux, ça n'a vraiment pas dû être évident de courir 42 km dans ces conditions ! Une pensée également pour les bénévoles, sur pieds dehors depuis 8h du matin et jusqu'à la fin du semi, soit des heures immobiles dans le froid !!

J'avais pris mes couches avec moi : un collant long, un sous-pull technique manche courtes, un pull technique manches longues, et une très fine veste coupe-vent. Par-dessus : une vieille laine polaire destinée à rester sur place, pas le courage d'attendre presque 1h dans le froid (les derniers camions pour ramener les sacs à Lausanne devaient partir à 12h45 déjà, finalement ils auront attendu un peu plus). J'étais donc prête à affronter la bise noire.

Petit échauffement de 20 minutes, puis j'ai rejoint le bloc de départ, le temps d'avaler un gel, et hop, c'était parti !

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Je n'ai pas vraiment prévu de tactique de course. L'allure marathon n'est pas encore définie (comme l'an dernier, j'attends les insturctions de la coach dans 2 semaines), j'ai le feu vert pour le courir en mode semi, mais sans trop forcer, car il ne faut tout de même pas générer trop de fatigue à 3 semaines de l'échéance. J'ai dans la tête un chrono de 1h50, idéalement un tantinet moins, mais honnêtement, je ne me mets aucune pression, ce n'est pas mon objectif. Je pars doucement (1er km en 5:21), accélère un peu, car je ne veux pas non plus trop jouer la prudence (2e km en 4:45), oups ! je ralentis à nouveau (c'est du grand n'importe quoi jusque là) et m'installe enfin dans une allure assez régulière, enfin c'est ce qu'il me semble. Il faut composer avec les quelques faux-plats, le vent parfois violent de face, mais au final des conditions pas si terribles. Je prends un verre (d'eau !) à chaque ravitaillement, quelques gorgées avalées sans hâte (mais sans m'arrêter) car elle est froide, je n'ai pas pris mon porte-gourdes. Un gel après 42', et le gel "coup de fouet" au 17e (après env. 1h26 de course). De là, j'accélère gentiment, j'ose un peu plus. Je cours le dernier km en 4:27, ce qui me fait très plaisir quand je pense que j'avais peiné à cette allure sur des 1000m une semaine avant ! Comme quoi c'est beaucoup dans la tête ...

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Au final, un chrono de 1:45:37 qui me ravit ! C'est mon record personnel. Mon dernier semi date de 2005 où j'avais fait 1:49:10 sur ce même parcours (temps à ma montre, car le chrono officiel de 1:50:48 était alors au coup de pistolet), et mon meilleur chrono sur semi avait été réalisé l'an dernier durant mon marathon (1:48:46 sur le 2e semi). Donc la forme revient, l'entraînement paie, ça fait du bien ! Sans être revenue au niveau de l'an dernier, j'ai tout de même bien progressé durant ces dernières semaines.

Quant à mes sensations : plutôt bonnes dans l'ensemble, une impression de facilité, ou plutôt l'impression d'être dans la bonne allure pour la distance (pas pour le marathon !). Je gère mieux mes courses, ce qui donne toujours l'impression de "j'aurais pu tirer plus", mais pas si sûr au final ... Je me dis qu'en allant plus vite, j'aurais aussi certainement câlé à moment donné, ou tout du moins je me serais mise dans le dur et aurais eu moins de plaisir ! Sinon, un peu d'ennui par moments sur ce parcours, chacun étant enfermé dans sa bulle, froid oblige. Et puis ça m'a fait bizarre de me retrouver sur ce parcours sans faire l'aller-retour ! Un brin de nostalgie, l'euphorie en moins ...

Prochaine étape : Valence dans moins de 3 semaines ! Le temps file !!

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 14:59

Voilà une course déjà un peu plus imposante. Une quasi incontournable chez nous. J'en entends parler chaque année au téléjournal depuis mon enfance (elle existe depuis 1933 ... euh, j'étais pas encore née !!!). Une course de dingues à mes yeux alors. Déjà, quoi, courir 17 km ??? Fallait être fou.

Et voilà. C'est ma 5e participation, et à part la première fois où je l'ai faite pour elle-même, elle compte toujours comme course de prépa en vue de mon marathon à venir. Le parcours est très beau en pleine campagne fribourgoise (bon, sur route, mais beau quand même), l'organisation est parfaite (sauf pour ce qui est des WC qui pourraient être plus nombreux, ça nous éviterait d'envahir les bistrots de la ville ou de squatter les coins les plus improbables entre deux voitures, on fait ce qu'on peut quand on ne tient plus !). Il s'agit d'un parcours montant, avec notamment la fameuse montée de la Sonnaz (en 2 parties) qui fait un peu office de "Juge de paix", et l'abominable dernière montée dans Fribourg, juste avant l'arrivée : celle-là, je la hais !

Petit aperçu profil :

ProfilMF.gif

Bon, ils se la jouent un peu à Paris-Versaille avec leur échelle, parce que franchement, ça monte, oui, mais ce n'est pas de la montagne non plus ! M'enfin, ça permet de mettre en évidence les difficultés .

Pourquoi +0.275 ? Parce que cette année, on fait une petite entorse au parcours commémoratif (je ne vous refais pas l'historique, ceux que ça intéresse trouveront tout ici), en raison des travaux sur le pont de la Poya. Du coup, la partie la moins jolie du parcours - traversée d'une zone commerciale - se voit rallongée de 275 mètres, pas la mer à boire c'est vrai ...

Allez, nous sommes à 6 semaines de Valence, il y a encore le temps ! Depuis ma particpation à la Panathlonienne, les entraînements se sont plutôt bien passés. Un gros mal de dos qui m'a mise à mal deux jours, apparemment quelque chose de musculaire, et qui s'en est allé comme il était venu, OUF !!! Je n'ai eu à sauter ni à reporter aucune sortie, re-OUF ! Côté sensations, elles sont plutôt bonnes, et la forme semble se construire gentiment. Le week-end dernier (des 1000m le samedi et une longue le dimanche avec 15' au seuil) m'a laissée un peu fatiguée tout de même, mais mardi, les bonnes sensations étaient de retour. Cette semaine a été assez light en vue de ma course : un peu de seuil mardi, sinon que des footings.

Côté blessures, tout va plutôt bien : mon pied gauche me chicane régulièrement, mais de moins en moins. J'alterne mes paires de runnings, et ça semble convenir. J'ai une nette préférence pour ma paire légère de "compétition" (ouh la la, ça fait pro, ça !), mais je la ménage pour qu'elle me tienne jusqu'au 18 novembre (elle a déjà plus d'un an). Mon tendon d'Achille droit quant à lui ne se manifeste quasiment plus, j'espère qu'il supportera l'augmentation de la charge des semaines à venir !

La course

Après une magnifique journée hier, le temps est à la pluie aujourd'hui. Mais nous avons eu finalement peu d'averses pendant la course, et la température de 16°C était juste idéale pour l'effort !

Mon chéri, qui ne participait pas à l'événement, m'a accompagnée à Morat, et récupérée à Fribourg. C'est-y pas top, ça ? Donc pas de stress ce matin, on est même arrivés bien en avance, et on a attendu dans la voiture pour ne pas se mouiller inutilement avant d'aller trottiner (je dis "on", parce que nous avons pris Jacky avec nous, du club). 20 petites minutes d'échauffement tranquilles, avec 3 lignes droites, juste histoire de me préparer un peu à l'effort.

J'ai juste eu le temps de me placer in extremis dans mon bloc avant que le départ en soit donné. J'ai choisi de courir entièrement au feeling, de me fier à mes sensations plutôt qu'à mes pulsations ou ma vitesse. L'an dernier, ça avait tellement bien été que je n'avais pas envie d'en baver aujourd'hui et de gâcher ce beau souvenir. Donc aucune pression avec un chrono, mon but était d'être bien et de faire au mieux en étant bien. Idéalement quand même (on ne se refait pas !), faire 1h30, mais sans prise de tête.

Les sensations étaient bonnes aujourd'hui ! Etant dans un bloc un peu rapide pour moi (basé sur mon chrono de 2011), je me suis fait pas mal doubler au début. Car j'aime les départs tranquilles. J'ai horreur de me griller dès les premiers kilomètres, et de terminer en tirant la langue et dans la douleur. Donc à l'aise. Et tout au long du parcours d'ailleurs, j'ai été très à l'aise respiratoirement, alors que j'en entendais beaucoup souffler assez bruyamment. 

Sur les plats, je reprenenais un peu de vitesse, et là, j'étais carrément très confortable. La montée de la Sonnaz a très bien passé, courue tranquillement mais sans marcher, en tirant un peu quand même. Dans ma tête, c'est la dernière difficulté ... même si je sais que la dernière montée avant l'arrivée est détestable ! Les jambes allaient bien, elles n'ont pas calé, je suis vraiment contente.

Après, c'était bien roulant, mais je n'ai pas autant accéléré que l'an dernier, je n'avais pas le goût de me mettre dans le rouge, même si j'ai quand même augmenté l'effort. Sur la dernière montée, je me suis accrochée à une coureuse devant moi qui avait un rythme qui me plaisait bien, et j'ai "sprinté" à l'arrivée, juste pour le principe (mais dur, dur de sprinter après cette maudite dernière grimpette !)

Résultat : 1:31:03 à mon chrono (démarré un peu trop tôt, le tapis à puce était un peu plus loin que je ne le pensais), 1:30:57 à la puce. Comme le parcours a été rallongé de 275 mètres, avec mon allure moyenne de 5:13/km, je considère que l'objectif de 1h30 est atteint : rapporté à la distance "officielle" de 17.170 km habituelle, mon chrono aurait été de 1:29:28. 

Après un coup d'oeil aux données de ma montre, je me rends compte que j'y suis peut-être allée quand même un peu trop tranquillement : 162 puls de moyenne, soit même pas ma valeur basse de seuil ! Dans les montées, j'étais bien au seuil, voire même à la limite haute du seuil, mais sur les plats, j'étais tout juste au-dessus de ma zone haute d'endurance ... Bon, j'ai quand même frôlé ma fc max à l'arrivée après mon "sprint". Cela dit, je n'ai aucun regrets ! Tout d'abord, c'est toujours facile après coup de se dire "j'aurais pu donner plus". Et puis j'ai tellement apprécié cette course, sensations superbes, jambes parfaites, vraiment une excellente impression générale, tout en réuississant un chrono correct pour moi, que je ne vois pas pourquoi je regretterais quoique ce soit !

Du reste, lors de mon petit footing de décrassage (10 minutes), j'avais des super jambes, aucune fatigue, la grande forme. Si ça c'est pas bon signe, hein !

Bilan 100% positif donc en ce qui me concerne. Le marathon est dans 6 semaines, j'ai encore le temps d'améliorer ma forme. Mais franchement, jusque là, je trouve que ça va plutôt bien.

Prochaine course dans 3 semaines : le semi de Lausanne, que j'espère courir en 1h50. A première vue, ça devrait le faire sans trop de problèmes.

 

 

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 21:26

Un 10 km plat à Monthey, une première édition. J’ai trouvé cette course un peu par hasard, en cherchant un 10 km plat, et si possible en une seule boucle. Pas du tout envie de faire Renens le même week-end, d’une part en raison de mes très mauvais souvenirs de l’an dernier (j’étais malade, et j’avais beaucoup souffert), et justement parce qu’elle consiste en 4 boucles avec succession de montées et de descentes, de quoi casser le rythme.

J’ai donc trouvé la « Panathlonienne », du nom du club organisateur. Mon homme m’y a accompagnée en fidèle supporter, avec l’indéfectible Sonny Boy (notre cher toutou). Départ à 10h, une bonne heure pour la saison je trouve. Excellente organisation, ce qui mérite d’être souligné pour une première ! Aucun reproche à adresser : grand parking à disposition, à deux pas du départ, remise des dossards sans problème (je m’étais inscrite sur internet), pasta party offerte après la course (histoire de bien récupérer), départ et arrivée sur le stade, vestiaire et WC propres, parcours en campagne tout plat sur petites routes goudronnées et non goudronnées (mais toujours carrossables). Une météo idéale, avec un ciel couvert, 18°C et pas de vent (juste quelques gouttes sur la fin).

Deux distances en simultané : 10 et 20 km (respectivement 1 et 2 tours), j’ai choisi les 10 (avec Morat-Fribourg dans 2 semaines et le semi de Lausanne dans 5, la distance viendra ensuite).

Comme toujours, je me place à l’arrière. De toutes façons, il n’y pas foule (108 participants et tout et pour tout), ça ne porte vraiment pas à conséquence. Je préfère partir gentiment, ça évite de se faire emporter, ce n’est jamais bon de se mettre trop vite dans le rouge. Très vite, je trouve un rythme régulier : tout comme à Lutry il y a 2 semaines, je cherche à être à la limite inférieure de ma zone seuil, soit 163 puls, c’est ce qui déterminera mon allure. Il me faudra un bon km pour les atteindre (j’ai oublié de préciser que je me suis échauffée 20 petites minutes, avec 3-4 lignes droites pour terminer). Nous sommes assez espacés, c’est très agréable. Sur les 5 premiers km, je reste à cette allure seuil bas (que je trouve bien assez soutenue cela dit, je peine toujours un peu à sortir de la zone confort). Mais je commence à me sentir à l’aise, et rassurée par la régularité de l’effort, qui n’est somme toute pas si important. Toujours les mêmes devant, j’ai un couple en ligne de mire.

Au 5e, après le ravitaillement (un petit gobelet d’eau bu à petites gorgées en courant), je dépasse le couple (il me semble qu’ils ont ralenti, mais en fait, je verrai après sur ma montre que c’est moi qui ai accéléré). La 2e moitié sera donc légèrement plus rapide, très progressivement. Je monte gentiment vers le haut de ma zone seuil, mais j’y suis bien. Je dépasse peu à peu du monde, mais je ne m’occupe pas des autres, je reste centrée sur moi-même et mes sensations. Mon objectif est de finir sous les 50’, et un petit coup d’œil au 8e km m’indique que ça va le faire (15" sous les 40’).

Je trouve le 10e km un peu long, c’est toujours comme ça quand je sais l’arrivée proche. Sur le pan publié sur internet, il est indiqué que le parcours se termine par un tour de stade. Je sais que c’est toujours long, ces tours de stade, alors je me réserve pour tout donner à ce moment-là. Mais quand même, qu’il est long ce 10e ? Je vois l’entrée dans le stade, et je me dis qu’il reste encore 400m, pfff ! Et là, c’est bizarre, mon homme m’applaudit, il y a une ligne au sol, quelques marches pour monter vers le stade, et je crois alors que c’est l’arrivée !? (ça ne devait pas tourner rond dans ma tête). Je m’arrête, arrête mon chorno, mais on me hurle « c’est pas là, continue ! ». Ok, je redémarre mon chrono (et mes gambettes !), et je vois qu’il faut tourner à droite vers l’arche, et non à gauche pour faire le tour du stade comme sur le plan. Bon, il ne reste que quelques dizaines de mètres, alors j’accélère à fond (zut, si j’avais su, j’aurais accéléré bien avant !), et hop, me voilà partie dans le couloir des 20 (il y a une séparation, forcément, les 20 repartent sur un 2e tour). On me crie « non, à droite ! », alors hop, petit demi-tour rapide et j’y suis ! N’importe quoi cette arrivée (je parle de moi, pas de l’organisation). Quand je passe devant les tables de chrono, je crois comprendre : « vous êtes 1ère ! ». Je me dis que j’ai dû mal entendre, ce n’est juste pas possible (49:38 à mon chrono, rien d’extraordinaire, surtout pas de quoi faire un podium). Et pourtant ... Après être allée me changer, je retourne me renseigner, sait-on jamais, peut-être n’ai-je pas rêvé ? Et oui, ça se confirme : première des Dames 1 (40-49 ans) sur 8 de ma catégorie.

Grosse rigolade avec mon cher et tendre ! Qui l’eût cru (à part Lustucru) ! Fallait une petite course locale perdue et surtout inconnue pour que j’aie eu au moins une fois dans ma vie eu droit à une « victoire » ! Mais ça fait plaisir, même si je sais pertinemment que mon chrono ne le vaut pas (rien qu’avec mes copines de club du même âge, j’aurais été écartée du podium vite fait si elles avaient été présentes). Pour l'anecdote, la première Dame 2 (>50 ans) me met tout de même près de 6' ! C'est tout dire ... Mais ne dit-on pas que les absents ont toujours tort ? Du coup, on est restés pour la pasta party, et la remise des prix (un bon de 50.-) : l’occasion ne risque pas de se représenter de si tôt, alors autant en profiter !

Cela dit, pour en revenir aux choses sérieuses, je suis assez contente de ma course. Tout d’abord, objectif <50’ atteint. D’autant plus qu’il s’agissait de 10.1 km (paraît qu’ils ont annoncé les 100 m en plus au départ, mais j’ai rien entendu). Des broutilles, mais c’est toujours ça. Et j’ai été bien régulière (c’est vrai que c’est nettement plus facile sur du plat), j’ai bien géré mon allure (un peu câlé quand même sur le dernier km qui me semblait si looong). Donc une bonne séance d’entraînement, c’est comme ça que je le prends.

Next one : Morat-Fribourg dans 2 semaines (ce sera une autre paire de manches).

Mon pied va mieux, depuis que je mets les Sky Speed (mes runnings de course, nettement plus légères et moins amortissantes que les Nimbus). Par contre, gros mal de dos depuis hier … J’a dû faire un faux mouvement (mais je ne vois lequel ?). Pourvu que ça passe vite, j’ai une séance demain, et je ne VEUX PAS m’arrêter maintenant que ça commence à revenir !!!

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 14:44

Course des singes (dimanche)

Comme déjà indiqué, j'ai prévu 3 courses préparatoires dans mon plan marathon. La première, un 10 km, avait lieu hier. Honnêtement, je n'avais pas du tout envie de la faire. Je me suis néanmoins inscrite, car je sais qu'il faut parfois se bousculer un peu, et que les courses aident à rester motivés.

Je me suis réveillée dimanche vaseuse et avec mal à la tête. Déjà pas emballée au départ, je n'avais vraiment pas envie d'y aller. En plus, il faisait bien chaud, et la course avait lieu à midi ! Mais voilà, l'avantage quand on s'inscrit à l'avance, c'est qu'on se sent tenu d'y aller . Et je n'aime pas du tout l'idée de renoncer, ni d'abandonner d'ailleurs (sauf raison valable, ça va sand dire). Donc, j'ai avalé deux Advils contre mon mal de tête, et mon homme et moi nous sommes rendus à Lutry, lieu de la course. Lui est venu m'accompagner et m'encourager, il ne veut faire aucune course préparatoire, sauf le semi de Lausanne.

J'y ai retrouvé quelques membres du club, et je suis allée trottiner avec Linda pour m'échauffer. Etonnamment, je me sentais assez bien. Je me suis placée à l'arrière pour le départ (de toutes façons, c'est une petite course locale, il n'y a donc pas beaucoup d'attente). C'est donc parti gentiment, ce que je voulais. J'ai couru aux sensations, en jetant de temps à autres un coup d'oeil à ma montre pour vérifier que je restais bien dans la zone seuil. Je m'étais fixée de rester dans cette zone (idéalement dans la fourchette basse) en tous cas les 3 premiers tours, et d'éventuellement accélérer ensuite selon les sensations. Je n'ai pas une fois vérifié ma vitesse, ni les temps de passage. Pas de pression, cette course n'était pas un objectif en soi, mais plutôt un entraînement.

Je ne voulais pas me mettre la pression non plus, car c'est là que j'ai fait l'an dernier mon meilleur temps sur 10 km (47'46"). Or, je savais que cet "exploit" était impossible à réitérer actuellement, donc je devais rester à l'écoute de mon corps. De plus, le parcours  a été légèrement modifié, avec une boucle comportant une légère montée pour faire le tour de l'église, contre un parcours tout plat l'an dernier.

J'ai fait comme l'an dernier pour rester fraiche, puisque les conditions météo étaient les mêmes : j'ai pris une éponge au ravitaillment (au 1er km, car le parcours consiste en 5 boucles de 2 km), que j'ai régulièrement pressée sur ma nuque et que je mouillais à chaque passage dans la fontaine vers l'aire de départ/arrivée. Pratique, même si je n'aime pas tourner en rond ! Sinon, j'avais ma bouteille d'eau à la main, et je buvais régulièrement 1-2 petites gorgées.

Course régulière, chaleur au final supportable, mais l'impression de ne pas pouvoir aller dans le dur ou tirer plus : normalement, je suis autour des 170 puls de moyenne sur un 10 km, là, ma moyenne était à 165. Néanmoins, des sensations correctes, et pas de douleurs aux pieds (Advil ?) !

Et surtout, une agréable surprise à l'arrivée : je termine en 50'19", alors que je m'attendais plutôt à tourner en 53-55'. J'ai quand même légèrement accéléré sur les 2 derniers tours, mais pas grand chose. Par contre, j'ai bien fini, et j'en suis contente. Alors c'est certes 2'30" de plus que l'an dernier, mais compte tenu de mon entraînement cahotique et irrégulier cette année, ce n'est pas tant que ça je trouve. Du coup, ça me redonne confiance, et ça renforce motivation. C'était bien le but de cette petite course

Podologue

Ce matin, j'avais rendez-vous pour contrôler mes semelles, et voir s'il y avait un rapport avec mes douleurs au pied gauche et au tendon d'Achille droit.

Ma podologue est également physiothérapeute, ce qui est très pratique. Elle a donc examiné mes 3 paires de running (ma vieille paire amortissante, la nouvelle paire et mes chaussures de course que j'utilise aussi pour les intervalles), a examiné mes pieds, chevilles et jambes, et m'a fait marcher sur un tapis spécial relié à un ordinateur et qui analyse la répartition du poids sur le pied (il fallait aussi se tenir en équilibre sur un pied pendant une bonne dizaine de secondes). Bref, je vous passe tous les détails.

Verdict : cheville gauche bloquée, probablement suite à une petite entorse. L'était des chaussures montre aussi que j'étais complètement déportée vers l'extérieur, et la chaussure ne me retenait plus (je supine exagérément à gauche). Les semelles sont sinon encore bonnes. Donc pour l'instant, elle a provisoirement renforcé la semelle sur l'extérieur. Si d'ici une semaine, ça va, je fais avec jusqu'au marathon, et on refera un bilan ensuite pour voir s'il y a lieu de complètement refaire les semelles. Sinon, elle corrigera encore.

Elle m'a également manipulé les deux jambes pour décoincer ma cheville gauche et aussi un peu la droite. Elle m'a montré comment étirer le tendon d'Achille de manière un peu "détournée", pour ne pas l'agresser. A faire sur les 2 pieds, car ça pourrait aussi m'arriver à gauche.

Quant à mes vieilles chaussures, elles sont à jeter : je ne dois même pas les mettre pour marcher ! Mes douleurs sur le pied et au-dessus du gros orteil sont donc tout à fait "normales", ou plutôt explicables. Donc avec un peu de chance, je vais à nouveau pouvoir courir sans douleurs, et préparer mon marathon sans blessure ! Ouf !

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 18:03

Par où commencer ? Ça bouillonne dans ma tête, et j’ai mille chose à raconter, tout est encore un peu pêle-mêle dans ma tête ! Le plus simple est sans doute d’aller dans l’ordre.

La dernière semaine

Elle a été légère, avec une sortie de 40’ mardi, idem jeudi, et 30’ samedi dont 6 x 30/30, juste pour faire un petit rappel aux gambettes. Les sensations étaient bonnes, rien de particulier à signaler.

La diététique

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Histoire de vraiment mettre tous les atouts de mon côté, j’ai suivi le régime recommandé par notre coach, qui n’est autre que le fameux RDS, mais sans les sorties longues intenses visant à vider le stock de glycogène (on va laisser ça aux pros) ! J’ai comme toujours été très stricte, donc priorité aux protéines les 3 premiers jours, aucun sucre d’aucune sorte, pas de pain, pas même un fruit. Je dois dire que le 3e jour, je commençais à en avoir assez, moi qui ai tendance à ne pas manger assez de protéines, là, j’étais presque en overdose ! Heureusement, les légumes et les salades sont permis, et je ne m’en suis pas privée !

Dès jeudi, c’était l’inverse : priorité aux glucides, de préférences lents (sauf le 1er repas jeudi matin où on peut faire la part belles aux sucre rapides), des protéines en quantités raisonnables et peu de lipides. Quel bonheur de pouvoir se "gaver" de bonnes choses ! Bon, je ne me suis pas empiffrée, je vous rassure, mais j’ai quand même fait 5 repas par jours, les 3 principaux plus 2 collations. J’avais préparé un Gateausport maison (selon la recette de Sydoky, en y rajoutant des amandes moulues et une bonne cuiller de cacao en poudre, et en remplaçant le jus d’orange par du lait de soja). J’en ai mangé du jeudi au samedi, pour les en-cas, et parfois comme dessert. Sinon, du riz complet, des pâtes à farine intégrales, du pain multi-céréales, des fruits frais (jeudi surtout, moins vendredi, et juste une pomme samedi) et en tarte, de la viande maigre, des légumes digestes (courgettes, tomates, concombre cuit, salade sauf le samedi). Bref, que de bonnes choses, c’était une plutôt agréable !

Et j’ai bu, beaucoup bu ! Les 3 premiers jours pour "nettoyer" les reins mis à rude épreuves par l’excès de protéines et l’absence de sucres, et les 3 jours suivants pour bien assimiler et stocker les sucres : 1 g de sucre nécessite 3 g d’eau paraît-il. Donc une bouteille d’eau en permanence avec moi pour ne pas oublier de boire.

Ainsi, je devais arriver le jour J avec un stock de glycogène maximal et une hydratation optimale. De quoi repousser le mur si celui-ci se décidait à venir jouer les trouble-fête !

On positive !

Côté mental, j’ai tout fait pour rester positive, et ne pas laisser le doute s’insinuer en moi. Pas toujours évident, car l’objectif me paraissait quand même énorme ! Je gardais en tête ma priorité qui consistait à faire moins de 4 heures, en me disant que ce serait déjà une très belle victoire. Je sais que sur marathon, rien n’est jamais gagné d’avance, tout peut arriver, et j’avais par moments crainte qu’à vouloir être trop gourmande, je risquais de rater cet objectif là, qui me semblait tout de même tout à fait à ma portée ! Car j’en ai vu au cours de mes 3 premiers marathons, des gens qui s’écroulent sur le 2e semi, pour avoir mal géré et payé un départ trop rapide … Ça fait peur quand même. Alors je me répétais que j’avais mis tous les atouts de mon côté : la prépa suivie avec sérieux, l’alimentation, le poids. Et je ne cessais de me répéter que si notre coach me disait que je pouvais le faire, c’est que je le pouvais. Ce qu’il faut préciser quand même, c’est que mes progrès sont très récents, tellement récents que je ne réalise pas encore. Je n’ai quasiment pas de résultats en compétition qui confirment cette progression, ce sont surtout mes entraînements qui se sont très bien passés. Alors d’un côté, je me disais que j’étais folle d’y croire, et d’un autre côté, j’y croyais malgré tout. J’ai donc finalement réussi à arriver le jour J dans un état d’esprit plutôt positif.

Une belle rencontre

sandrunning1.JPG

Le marathon de Lausanne propose plusieurs distances, dont également un semi-marathon. Et justement, Sandrunning venait le courir en préparation pour son marathon de Nice-Cannes qui aura lieu dans 3 semaines. Le timing était assez serré, puisqu’elle ne venait que pour le week-end : arrivée samedi en fin d’après-midi, et départ dimanche en début de soirée. Finalement, nous avons décidé de nous retrouver à son arrivée à Lausanne, histoire de ne pas se rater, car il est difficile de se retrouver à l’arrivée des courses tant il y a de monde.

C’était vraiment très sympathique, j’ai été enchantée de faire sa connaissance, elle est aussi sympa en vrai que le laisse transparaître son blog ! Nous avons eu le temps de papoter un peu samedi, je l’ai accompagnée au retrait des dossards (j’avais retiré le mien la veille), puis nous sommes allées boire un café. Et puis du coup, moi qui avais l’intention de manger au calme chez moi le soir, j’ai rejoint mon "équipe marathon" à la pasta party, c’était très sympa. Quant à elle, elle a retrouvé ses collègues qui couraient également.

Le marathon

Vue-rivaz.JPG 

Tout comme pour le marathon de New York, celui de Lausanne coïncide avec le passage à l’heure d’hiver chez nous. Aucun stress à avoir donc le matin, le départ a lieu à 10h10 (10h14 pour moi qui suis dans le 2e bloc, il y a 2 blocs en tout), ce qui correspond à 11h10 pour nos organismes encore à l’heure d’été !

Mon mari (qui participait au semi) et moi avons eu le temps de manger tranquillement notre Gatosport (la version industrielle cette fois, testée à l’occasion de Morat-Fribourg) et de vérifier qu’on n’avait rien oublié (porte-gourdes, gels, sac pour l’après-course, dossard, etc). Nous nous sommes rendus en métro à la Place de Milan où avait lieu le départ. Nous avions environ trois quarts d’heure devant nous, ce qui est largement suffisant puisque je ne comptais pas m’échauffer plus que 10 minutes en trottinant, juste histoire de ne pas partir à froid. Quant à mon homme, son départ avait lieu l’après-midi, il avait donc tout le temps.

Nous y avons vus tous ceux avec qui je me suis préparée, ainsi que Philippe, Linda et Alain. Linda, qui était de retour du Canada, participait au 10 km (elle a fait un super chrono malgré le jet lag !), quant à Alain, il a décidé de prendre le départ du marathon malgré une bonne crève, c’était bien courageux ! Il terminera avec même pas un quart d’heure de plus que son objectif initial, chapeau bas, je ne sais pas comment il a fait dans son état ! Sûr qu’il aurait pulvérisé son record en temps normal, ce n’est vraiment pas de chance …

Sandrunning m’avait informée par SMS qu’elle viendrait au départ du marathon (son hôtel n’était pas loin), je ne l’ai hélas pas aperçue, bien qu’elle ait filmé le départ de mon bloc.

Comme prévu, j’ai trottiné 10 petites minutes pour m’échauffer, puis après un dernier pipi "préventif", je me rends dans le bloc de départ, où j’avale un gel en attendant le coup de feu. Il y a donc deux blocs pour la distance marathon (il y en a 5 pour le 10 km et 7 pour le semi), et je suis dans le 2e. J’ai en effet indiqué un temps de 3h59 à l’inscription, et même s’il y a deux blocs, je sais qu’il n’y a pas foule non plus, et que ce ne sont pas les quelques secondes "perdues" au départ qui vont changer quelque chose, bien au contraire. Seul Jacky est dans le même bloc que moi, tous les autres sont dans le 1er. Eh bien ça peut paraître bizarre, mais je préfère, car je suis certaine de ne pas être influencée et de partir à mon rythme. Je ne veux m’occuper de personne, et me concentrer sur ma course. Suivre un ballon ne m’intéresse pas non plus, je préfère me fier au temps au km et tâcher d’être la plus régulière possible.

L’objectif qui avait été fixé après notre petit 5 km de samedi dernier était donc de 3:39:00, ce qui correspond à du 5:11/km, allure à tenir dès le début selon les indications de notre coach. Je préfère ne pas trop penser à ce chiffre, le voir me fait peur, il y a quelques mois encore, je tenais tout juste un 10 km à cette allure ! Alors je préfère ne pas trop réfléchir et "obéir bêtement", ça vaut mieux pour mon stress ! Je me dis que j’ai tenu du "tempo" bien plus rapide sur des durées assez longues à l’entraînement, ça devrait donc le faire, il faut y croire.

Je décide de ne pas m’inquiéter du chrono sur le 1er km, il sera assurément plus lent, mais il y en a 41.195 de plus pour rattraper, j’ai largement le temps, j’ai même prévu une allure un peu plus lente sur les 5 premiers, histoire de partir en douceur. Dans les faits, je courrai bien le 1er en 5:25, ce qui me va très bien, mais le deuxième sera déjà en 5:01 ! Pas de panique, c’est bien normal, il est en descente ;-) Je me suis juste laissée porter par le poids de mon corps, sans forcer, ce n’est pas une accélération au sens propre, juste un allongement naturel. Je veille par contre à ralentir quand on revient sur le plat, car le danger est souvent là, on est faussé par le rythme de la descente. Teresa (notre coach) nous a avertis qu’il ne fallait pas accélérer de plus de 7 secondes au kilomètre sur marathon, pas de brusque changement d’allure donc. Or, je suis fraiche – forcément – et il serait très tentant de me laisser emporter. Dans ce 2e km, j’en aurai profité pour dépasser le ballon de 4 heures, les gens agglutinés autour prennent toute la largeur de la route, alors mieux vaut les avoir derrière !

Bon, je vous rassure, je ne vais pas vous passer en détails tous les kilomètres, mon récit sera déjà bien assez long comme ça !

Donc pour résumer, il m’a fallu me retenir – eh oui ! – sur les 10-15 premiers kilomètres, j’avais tendance à aller trop vite. Normal, on est toujours bien sur le début, il y a intérêt d’ailleurs, sinon c’est plutôt mal barré ! Dire que j’en voyais qui soufflaient déjà au bout de quelques kilomètres, je me demande comment ils auront fait pour terminer, les pauvres …

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vers Rivaz à l'aller (km 13 environ)

Grâce à l’allure moyenne par circuit (donc par kilomètre dans mon cas), ma Garmin me permet de contrôler très précisément mon allure. C’est quand même des bijoux de technologie, ces GPS ! J’arrive donc à corriger rapidement quand je vois que je m’emballe, et je rentre vraiment dans un rythme très régulier. Ce n’est pas évident, car si le parcours est plat, il y a quand même de nombreux faux-plats, montants ou descendants, et l’allure change vite. Ma tactique à moi est de ralentir naturellement dans les "montées", c'est-à-dire de ne pas forcer pour maintenir l’allure, et de la même manière d’accélérer naturellement en descente. Le tout se compensant à merveille, ça évite une fatigue inutile sur ces petites montées, laissons faire les lois de la physique ! C’est marrant, parce qu’on fait le yo-yo ainsi avec les autres coureurs, mais je pense que je dépense moins d’énergie que les autres avec ma technique

Entre le 15e et le 20e, on approche de Vevey – La Tour-de-Peilz, et tout en étant toujours facile, je me dis que ce sera moins évident de tenir la cadence au retour. Je dois maintenant veiller à ne pas "m’endormir" dans mon allure, je me surprends par moments à être au-dessus des 5:11/km, pas de beaucoup, quelques secondes, mais au final, ça s’accumule et on est vite à quelques minutes. Alors si je perds déjà des minutes au 1er semi, ça ne va pas le faire. Grâce à ma Garmin donc, j’équilibre et n’ai qu’une vingtaine de secondes de retard au 20e, c’est parfait.

A mi-parcours, j’ai le grand plaisir de voir mon cher et tendre, qui est sur place pour le départ du semi une heure et demi plus tard. Il courra quelques dizaines de mètres avec moi, me laissera partir, et comme on fait demi-tour peu après, rebelotte au retour. Un coup de baume au cœur. Il me dit qu’il me sent bien, qu’il a un bon pressentiment. Je sais qu’il allait forcément dire quelque chose de positif, mais quand même, ça fait du bien. Il y a aussi des amis là qui sont venus exprès pour m’encourager, c’est vraiment super. Déjà qu’il y a de l’ambiance dans "l’entre-deux villes" comme on dit (agglomération Vevey – La Tour-de-Peilz), ça en rajoute encore ! On est aussi encouragés de toutes parts par les participants au semi qui sont déjà sur place (ils prennent le départ à La Tour-de-Peilz), c’est vraiment très animé ici.

Donc je suis toujours bien, les orteils qui chauffent un peu, mais trois fois rien. Il fait beau, si beau, et bon, si bon ! C’est magnifique. Je sens quand même que tenir l’allure est moins facile, et je sais que le plus dur reste à venir, car le retour n’est pas tout plat non plus, forcément. Et avec la fatigue, eh bien les plats paraissent moins plats, les faux-plats paraissent des montées, bref, tout s’amplifie. Je dois parfois donner un petit coup d’accélérateur pour maintenir l’allure, mais je suis soulagée de voir que je rattrape facilement en fait. Il faut juste que je surveille ma montre pour ne pas ralentir sans m’en rendre compte, c’est plus facile de maintenir que de rattraper ! Quand je veux relancer un peu (je parle de petites variations d’allures), je vois avec plaisir que les jambes et la tête suivent, alors c’est tout bon !

Après le semi, j’ai dépassé Philippe et aperçu Cecilia en la croisant. Je la dépasserai peu après la sortie de Vevey, et j’espère qu’elle tient bon. Je suis partie 4 minutes après eux, puisque dans le 2e bloc, et j’espère qu’elle n’est pas en train de caler, qu’elle est simplement partie plus tranquillement. Cette année, la montée à la sortie de Vevey a bien passé, elle m’a paru plus facile que les autres années. Il faut dire que je m’y attendais, et j’ai une fois de plus naturellement ralenti, sans m’inquiéter du retard pris à ce moment, on perd moins à ralentir sans se griller qu’à forcer et le payer ensuite … C’est à la fin de celle-ci que j’ai rattrapé Cecilia. Un peu plus loin, ce sera Michel que je vais dépasser (qui m’a interpelée, je ne l’ai pas vu, trop occupée à viser quel verre j’allais attraper au ravitaillement).

Après la montée de Vevey, je m’envole un peu, le léger faux-plat descendant qui suit me paraît tellement roulant, je dois me freiner, mais c’est plus fort que moi, je ferai deux kilomètres un peu rapides en 5:05 puis 5:01. Oups, presque 12 km/h, c’est trop vite et surtout trop tôt, le 30e n’est pas encore là, je dois me méfier. Je reprends mes esprits et ralentis.

vers le 30e km2143174_orig.jpg

C’est marrant ça aussi : on a des hauts et des bas, des moments de creux où on est un peu moins euphorique, et l’énergie revient en force sans qu’on s’y attende. C’est bon pour le moral, car si ça arrive une ou deux fois, je me dis au prochain creux qu’il va passer aussi, que ce n’est que passager. C’est avec des petites pensées positives telles que celles-là que j’ai pu maintenir mon allure tout du long, à peu de choses près.

 2140007_orig.jpg

Et puis il y a eu quand même des passages avec les jambes un peu douloureuses. A partir du 25e, j’ai senti l’ischio droit qui commençait à tirer un peu. Comme j’ai déjà vécu cela sur mon 2e marathon (douleurs non-stop dans les fesses et les ischios depuis le 15e km jusqu’à la fin), je sais que je peux faire avec, qu’il faut serrer les dents et continuer. Mais cette fois-ci, fort heureusement, la douleur ne va pas s’amplifier, elle reste légère et va même disparaître, pour revenir brièvement par moments et repartir, tout comme mes moments de creux. Là encore, ça me rassure.

Et puis les kilomètres s’additionnent, arrivent le 30e, le 35e, je maintiens toujours, je dépasse du monde, les crampes commencent à faire leurs ravages autour de moi, le mur aussi, mais moi je continue comme un métronome. Je me dis que je n’ai qu’à maintenir le rythme, même si ça fait un peu mal et que ce n’est pas toujours facile, ce n’est pas une folle allure, elle n’a rien d’inhumain, il faut juste que je reste vigilante. Le plus dur est fait, une fois le 35e passé, tout se joue dans la tête, maintenant je sais que j'y arriverai et que rien ne m’arrêtera. Ce ne sont plus les kilomètres qui s’additionnent mais le compte à rebours qui commence. Je fais la même chose quand on fait des séries : je compte à l’endroit (1-2-3-4-5), puis à l’envers (5-4-3-2-1), ça fait la moitié moins, 5 c’est pus facile à gérer que 10. Je sais que quoi qu’il arrive maintenant, je serai sous les 4 heures. Je pourrais même terminer en marchant. Cette pensée m’enchante !

A Cully (32 ou 33e km, je ne sais plus, désolée si je ne suis pas parfaitement chronologique), il y a Raymond, le président du club, qui nous encourage et nous éponge. C’est un bon endroit stratégiquement parlant, et ça redonne du punch. Et là, je vois juste devant moi Geneviève, à quelques mètres. C’est la plus rapide de notre groupe, je ne devrais pas la rattraper (elle a 4 minutes d’avance également au départ), et puisque je suis dans mes temps, c’est donc qu’elle a dû ralentir. Quand je la dépasse, je vois qu’elle est en légère difficulté, mais sa foulée est très bien, on s’encourage mutuellement, et je continue. J’espère de tout cœur qu’elle tiendra bon jusqu’au bout, elle a été si sérieuse aussi dans sa préparation, et c'est une super coureuse !

Ah oui, j’ai oublié de parler des ravitaillements : j’ai pris à boire à chacun d’eux (tous les 2-4 km, c’est selon), toujours de l’eau sauf une fois où j’ai pris une boisson énergisante, quelques gorgées sans plus, et en courant toujours. Pas question de m’arrêter, ni même de marcher, ça coupe le rythme, et après il faut relancer. Je préfère continuer à courir, et pas besoin de boire des litres, du moment que je m’hydrate régulièrement. Quant aux gels, j’en aurai pris un tous les 5 km sauf au 5e. Uniquement des miens, que j’ai testés à l’entraînement, et à Morat-Fribourg. Je m’arrangeais pour avaler ces gels un peu avant les ravitaillements, de manière à pouvoir boire ensuite. J’ai également bu mes deux gourdes (1.5 dl chacune). Pas eu soif, pas eu de coup de barre, donc bonne tactique je pense.

A partir du 35e, je n’ai plus trop regardé ma montre, je me suis concentrée sur mes sensations, en veillant à maintenir un bon rythme. Il y a plus de faux-plats montants sur les derniers kilomètres, et je ne veux pas voir ma vitesse baisser. Alors j’y vais, je me donne du courage en me disant que c’est presque fini. Et puis je sais qu’il y a Teresa Au 40e pour nous encourager, je veux tenir bon ne serait-ce que pour elle, pour tout ce qu’elle a donné pour nous coacher, le meilleur remerciement que je puisse lui faire est d’atteindre mon objectif ! Effectivement, elle est là, elle me félicite et m’encourage à ne pas lâcher sur ces deux derniers kilomètres. Voilà qui me donner des ailes jusqu’à la fin. Je ne vais pas sprinter, quand même, mais forcer un peu, c’est presque fini, et puis finalement je suis bien. Mes jambes vont bien, et franchement, c’est euphorisant de dépasser tout ce monde, je me dis que j’ai bien géré. Car au fond, ce n’est pas tant moi qui ai accéléré (1er semi en 1:49:44, et 2e semi en 1:48:46), que les autres qui ont ralenti, pourtant la différence d’allure me donne l’impression de voler (comique de dire ça, moi qui ai une foulée des plus rasantes !)

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Dernière ligne droite sur les quais d'Ouchy

N’empêche, elle est longue cette dernière ligne droite ! Mon neveu est là qui me pousse à accélérer sur les derniers hectomètres, et ça y est, c’est l’arrivée ! J’arrête ma montre, et je vois mon chrono : 3:38:35 (je l’ai démarré 5 secondes trop tôt), j’aurai plus tard mon chrono officiel à la puce par SMS : 3:38:30 ! Le bonheur total, je suis HEUREUSE !!!

Mon récit – euh, pardon : mon roman ! – est déjà bien assez long, je vous passe les retrouvailles à l’arrivée. Je dirai juste que mes jambes se sont très vite raidies, je me suis dit que j’allais déguster lundi. Et puis après étirements doux (sans forcer) et avoir marché jusqu’à la tente où nous attendaient nos sacs, et retour, ça m’a fait le plus grand bien et les jambes allaient nettement mieux. Et hier, j'ai été agréablement surprise : certes, les muscles étaient un peu douloureux, mais pas plus que ça ! Et aujourd'hui, je ne sens quasiment plus rien.

Mon homme quant à lui a pris beaucoup de plaisir sur son semi, son genou l’a laissé tranquille, et il signe un super chrono de 1:42:20 ! Un grand bravo à lui qui n’a pas toujours l’occasion de s’entraîner régulièrement.

Encore quelques mots pour dire que Sandrunning nous a retrouvés (ma famille et moi) sur une petite terrasse après la course (nous nous sommes jointes par téléphone portable, c’est bien utile !) où nous buvions une bonne bière bien méritée ! Je n’ai malheureusement pas vu son arrivée, pourtant elle était dans les temps de mon mari, à quelques minutes près. J’ai dû la voir sans la voir ! Pas étonnant avec tout ce monde !

Nous avons eu donc encore eu l’occasion de bavarder un peu et d’échanger nos impressions. Elle a bien sûr survolé son semi en 1:43:50. Elle est tout à fait étonnante de facilité (elle se sous-estime beaucoup), et je suis ravie qu’elle ait apprécié le parcours et la région.

Résultat en chiffres

J’ai donc couru ces 42.195 km en 3:38:30, soit une allure de 5:11/km (11.58 km/h), pile dans l’objectif, avec des victoires à tous les niveaux : la barre des 4 heures est bien tombée cette fois, et même celle des 3:40:00, ce qui est énorme pour moi ! Et pour l’anecdote, puisque nous parlions qualifications la semaine dernière, ce chrono suffirait à me qualifier pour Boston 2013 (3:55:00 pour ma catégorie d’âge), mais je manque de 30 secondes la qualif pour New York 2012 (pour 2013 on oublie : il faudra désormais faire 3:21:00, c’est hors de portée !). Honnêtement, je ne pensais pas m’en approcher tant !

Côté classement, je termine 16e / 106 de ma catégorie (dames III : 40-49 ans), et 35e / 230 femmes toutes catégories confondues. Le classement scratch hommes/femmes n'est pas indiqué (il y a 1057 hommes classés).

Voili, voilou, j’en termine enfin !!! J’aurai peut-être dû publier en plusieurs épisodes, ça aurait été plus digeste !

Demain, je dois subir une petite intervention (rien de grave, je vous rassure), et je serai hospitalisée 2 nuits. S'en suivront 3 semaines de convalescence où je ne pourrai malheureusement pas courir. Repos forcé donc, ce sera ma récup post-marathon ET ma pause annuelle

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 21:11

Petit article éclair, juste pour déjà vous remercier pour vos encouragements qui m'ont beaucoup touchée ! Et ensuite pour vous dire que ça s'est super bien passé ! Des conditions météo parfaites, tout aura vraiment été parfait jusqu'au jour J, c'est incroyable. J'ai osé, risqué mon objectif fou ... et j'ai réussi !!! Un chrono visé (par la coach) de 3:39:00, et un chrono effectif de 3:38:30, avec 58" de négative split. Je n'osais l'espérer, je peine encore à  croire !

Plus de détails tout bientôt, promis !

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 11:16

Autant le dire tout de suite : c'était juste extraordinaire ! Après un très mauvais début de semaine, les bonnes sensations sont revenues depuis jeudi, mon estomac s'est complètement rétabli, et tout cela s'est confirmé dimanche, qui a été pour moi une journée juste parfaite !

La météo, tout d'abord : idéale, avec du brouillard jusqu’à la montée de la Sonnaz, qui nous a permis de bénéfier d’une température des plus agréables (même si je transpirais bien quand même), puis du soleil en fin de parcours, qui n’a pas eu le temps de trop chauffer. Il faisait juste super bon, un bonheur. Et pas de vent, ce qui est très appréciable aussi.

Avec une météo pareille, le public a bien répondu présent, et il y avait de l’ambiance aux endroits clés du parcours.

Mais commençons par le début ! Donc comme je l’avais prévu, j’ai testé mes ravitaillements, et mon alimentation en général, en faisant déjà le plein de sucres lents depuis deux jours. Petit déjeuner au Gatosport d’Overstims : consistance un peu collante mais goût agréable, facile à manger. J’en ai mangé à peu près 1/3 du gâteau, et mon homme lui aussi 1/3, le reste a été congelé.

Pendant le trajet (en voiture jusqu’à Fribourg, en compagnie de Jacky que nous avons transporté), puis dans le train spécial jusqu’à Morat, j’ai bu de l’eau d’abord, régulièrement et à petites gorgées, puis une boisson d’attente de Powerbar (Powermax je crois), à petites gorgées également. En sortant du train, j’ai cru que ma vessie allait exploser, et il m’a fallu trouver des toilettes de toute urgence. Le problème, c’est que tous les passagers du train spécial arrivant en même temps, nous avions tous la même envie ! Sur le trajet jusqu’au point d’information (où il y a les vestiaires, les camions pour emporter nos sacs jusqu’à l’arrivée, etc.), pas moyen de trouver un petit coin intime. Là, il y a clairement inégalité entre hommes et femmes, il faut bien l’avouer ! En arrivant aux vestiaires, mon chéri, qui n’y tient plus non plus, va me laisser pour aller chez les hommes. A tout hasard, je lui demande mon dossard, des fois qu’on ne se retrouve pas … (nous avons pris un sac pour les deux). Bien m’en a pris ! Car je ne l’ai retrouvé que dans le bloc de départ ! Je suis partie donc de mon côté pour faire la queue aux toilettes installées sur la place. Mais ça n’avançait pas, incroyable ce que les gens sont lents ! N’y tenant plus, je suis repartie à la recherche d’un petit coin à l’écart, et faute d’en trouver un, je me suis accroupie entre 2 buissons, pas vraiment à l’abri des regards, mais au point où j’en étais, je m’en fichais complètement !

Je me suis ensuite rendue à l’information pour voir s’ils donnaient des sacs spéciaux pour le transport, ou des étiquettes : eh bien rien, nada, on donne juste son sac tel quel au camion qui correspond à notre bloc de départ, sans contrôle aucun (et il n’y y en aura aucun non plus pour les récupérer à l’arrivée). Je dois dire que ce sont deux points qui m’ont déçue dans cette organisation par ailleurs parfaite : le cruel manque de toilettes, et l’absence de contrôle des sacs où n’importe qui peut finalement se servir, on n’a pas intérêt à y laisser des valeurs !

L’heure est déjà bien avancée, il faut commencer l’échauffement, mais je n’ai pas revu mon homme. Je vais donc trottiner en partant à sa recherche. Il était facile à reconnaître, avec un T-shirt technique jaune fluo bien pétant. Pourtant, pas moyen de le voir, ni vers les camions des sacs, ni vers les toilettes, ni vers l’information. Tant pis, je trottine gentiment une vingtaine de minutes, et désinhibée par ma première expérience, je refais un 2e pipi sauvage entre une voiture et un mur (cette fois mieux protégée visuellement), et je me rends vers le départ. J’ai bien fait, car je crois que je n’aurais juste pas pu m’échauffer si j’avais voulu aller aux cabines WC proposées par l’organisation !

Et là, ô miracle, je vois enfin mon mari ! Nous allons pouvoir prendre le départ de la course ensemble, puisque nous avions indiqué le même temps (1h30). Il reste encore quelques minutes, alors j’avale vite mon premier gel Energix (pour l’endurance, à prendre toutes les 45’), comme on me l’a recommandé au magasin New Concept Sports où je les ai achetés. J’entame ma 1ère gourde (j’en porte 4 autour de la taille), car il est important de boire quand on prend des gels.

Le départ est donné, nous sommes plutôt à l’arrière de notre bloc (je ne voulais pas me faire entraîner par un départ rapide, estimant déjà être dans un bloc trop rapide pour moi). Ça part gentiment, je ne cherche cette fois pas à dépasser et perdre inutilement de l’énergie sur le premier kilomètre, je sais que nous allons progressivement prendre notre allure de croisière. Mon genou droit va me chicaner sur quelques centaines de mètres (ça m’arrive parfois, ce doit être un nerf, mais ça ne dure jamais). Je me sens tout de suite bien (j’étais déjà bien à l’échauffement, avec des jambes légères). Très vite, la première montée arrive, puis un replat, puis la deuxième, qui est la première vraie difficulté du parcours : environ 2 km de montée, mais très régulière et pas raide. Je cours aux sensations, en recherchant l’aisance, le souffle va bien, je ne suis pas du tout dans le rouge, et les jambes suivent bien. Je ne cherche pas la vitesse dans cette première montée, ce serait idiot de se griller en début de parcours. J’en vois autour de nous qui soufflent déjà bien fort, je me dis que ce n’est pas bien malin ! Je ne regarde pas ma montre, je ne veux pas me mettre la pression. De toutes façons, je n’ai pas ma ceinture cardio (elle était dans le sac que mon mari a remis au camion), ce qui n’est pas plus mal finalement.

Je suis très bien sur ce début de parcours, mon homme et moi courons côte à côte (enfin, presque, parce qu’il y a du monde, et qu’il faut parfois serpenter pour garder une allure constante). J’évite les brusques accélérations pour dépasser, j’y laisserais inutilement de l’énergie. Avec plus de 17 km à courir, je me dis que l’important est de prendre mon rythme de croisière, et de m’y tenir, de ne pas me laisser influencer par les gens qui m’entourent. Je suis presque dans ma bulle, du reste mon mari et moi ne parlerons pas (eh oui, croyez-le ou non, c’est possible !). Malgré le brouillard, il ne fait pas froid, et je n’ai absolument pas froid malgré ma tenue d’été, je transpire même !

Nous arrivons sur le plat, c’est déjà le 5e km, et ça va être roulant sur 5 autres km maintenant ! Premier ravitaillement, je prends un verre d’eau en courant (je garde mes gourdes pour dépanner si besoin, et pour les gels). Je vais laisser le profil de la course guider mon allure, et donc j’accélère naturellement gentiment, sans forcer, je suis juste super bien ! Certains au contraire choisissent de mettre le turbo et dépassent en trombe … pour caler quelques centaines de mètres plus loin ! Décidément, je me demande vraiment des fois comment certains gèrent leur course ! Je passe Daniel, du club, et je le salue, il a toujours un gentil mot d’encouragement, c’est un « ancien » du club, et il participe à toutes les courses (ou presque).

Nous passons Courtepin, départ du parcours court (les « Joggers » je crois), autre ravitaillement. Là, je me dis que je suis peut-être partie un tantinet vite finalement, c’est un peu moins facile : pas le souffle qui va toujours bien, mais les jambes un peu moins légères. Pas lourdes, je suis toujours bien, mais moins facile. Difficile à expliquer, je me comprends. Je choisis donc de toujours me laisser guider par mes sensations et je ne force pas. Légère remontée avant un long plat et la descente de Pensier. Je pense soudain que ça fait plus de 45’ que je cours, alors j’avale mon 2e gel Energix, et je bois (je profiterai en fait du ravitaillement de Courtepin). Je perds toujours un peu de temps en avalant ces gels en courant, je ralentis pour boire, j’ai eu une fois un point de côté en voulant faire tout ça trop vite, depuis, je me méfie !

Dans la descente de Pensier, je laisse l’accélération naturelle venir, mais je ne force pas, car il y a droit derrière la fameuse montée tant redoutée de la Sonnaz, « celle qui tue » ! Or, arriver en pleine vitesse dans une montée, ce n’est franchement pas top, le meilleur moyen de se griller sur les premiers mètres. A l’approche de la montée, mon homme me dit « Ah, c’est l’heure de vérité ! ». C’est vrai. Cette montée est en deux parties. Une première qui coupe bien le rythme, plus raide et plus courte que la deuxième partie, qui suit un petit bout de plat. Dans cette première partie, je ne vois plus mon homme à mes côtés, je crois qu’il a ralenti, mais je ne m’en occupe pas. Nous n’avons rien convenu, et chacun va à son rythme. Ravitaillement avant la 2e partie, je suis bien, je prends comme toujours mon verre d’eau, tiens non, ce sera du Sponser cette fois, quelques gorgées et c’est tout. Au début de la montée, il y a un DJ qui met de la musique très dynamique à fond, c’êst génial. Je vais littéralement me laisser porter par cette musique qui rythme ma foulée, et je sens comme une nouvelle énergie m’inonder. Ça peut paraître bête dit comme ça, mais c’est vraiment l’impression que j’ai eue ! Il y a un public énorme ici, on se croirait presque sur le tour de France, la moitié de la route est occupée par les spectateurs qui nous encouragent à toute voix, c’est génial ! Un peu incommodant pour dépasser, car ça se rétrécit avec toute cette foule, mais électrisant ! J’accélère, je dépasse, je suis presque en transe ! Je n’en reviens pas d’avoir une forme pareille en montée, cela veut dire que j’ai bien géré mon début de course finalement. Raymond se tient comme prévu sur le haut de la montée à gauche, il me salue et m’encourage, ça fait du bien.

A partir de ce point, je vais monter en intensité, il ne reste plus que 5 km environ, et Teresa nous a dit qu’on pouvait se donner sur la fin. J’accélère donc sur le plat, mais toujours progressivement, sans à-coups. Je sens une légère fatigue tout de même, mais je suis toujours très bien, un peu dans le rouge, mais sans que ce soit gênant. Je me dis que je devrais pouvoir tenir ainsi jusqu’au bout … en espérant que la dernière montée dans Fribourg n’aura pas raison de moi !

On traverse la zone industrielle de Granges-Paccot, et dans la descente sur Fribourg, je vais avaler mon gel « Coup de fouet ». Si je veux le tester, les 2 derniers km sont idéaux avec la montée finale dans Fribourg. Je m’énerve un peu, car je tombe sur une gourde qui ne laisse pas passer l’eau (je dois aspirer comme une dingue pour quelques gouttes !), et je fais tourner mon porte-gourdes dans tous les sens sans trouver de bonne gourde. Heureusement, il y a un mini-ravitaillement, je prends en vitesse un verre d’eau. Je pense avoir perdu un peu de temps et d’énergie, alors je me recentre sur ma course, il faut garder la concentration jusqu’au bout. Les deux derniers kilomètres seront moins faciles, mais je ne cale pas. Je me motive : « c’est bientôt fini, pense à ton bonheur à l’arrivée ». Je garde un bon rythme, je vais y arriver, super ! Arrive la terrible dernière montée, avec son public de folie ! Au milieu, une arche gonflable a eu des problèmes visiblement, et deux hommes la supportent en son centre pour laisser les coureurs passer ! C’est assez bizarre, je me dis qu’ils doivent avoir mal aux bras, les pauvres, à les tenir comme ça en haut sans pouvoir les baisser dans ce flot ininterrompu de coureurs. Car ce qu’ai oublié de préciser, c’est que ce flot a été dense du début à la fin !

Je tire, je tiens bon, j’accélère un peu sur les 50 derniers mètres de plat juste avant l’arrivée. Ça y est, j’y suis, j’arrête mon chrono : 1:26:22 (en fait, ce sera 1 sec de plus au chrono officiel, j’ai dû l’arrêter trop tôt). Je n’en reviens pas ! Moi qui espérais mais doutais de pouvoir passer sous les 1h30, me voilà confortablement en-dessous. Ben oui, pour moi, 3’24", c’est juste énorme !!! Je suis heureuse. Je m’arrête tout de suite pour attendre mon mari qui ne devrait pas tarder. Il arrivera quelques minutes plus tard en 1:29:10, content car il ne s’entraîne régulièrement que depuis peu, l’été n’aura pas été très sportif pour lui …

Nous allons récupérer notre T-shirt bien mérité, de l’eau et des pommes. Nous y retrouvons d’autres membres du club : Alain (qui a fait un chrono d’enfer en 1h16), Linda, Julie, Geneviève, Cécilia, Rachel, Patricia, et d’autres encore, je ne me souviens plus de tous. Et là, je suis très surprise de voir que je m’en sors plutôt bien avec mes 1h26, Linda et Geneviève ont fait 1h27 (habituellement bien plus rapides que moi), Patricia et Cécilia 1h30, Julie 1h33, bref, je tombe des nues ! Bien sûr, Rachel est loin devant avec 1h18, et d’autres ont fait également nettement mieux, mais je ne les connais pas personnellement.

Je suis vraiment très contente de moi, de ma bonne gestion de course. J’ai eu de super sensations, ce n’était pas une course dans la souffrance comme certaines auxquelles j’ai participées où j’étais fière de mon résultat mais dont je garde un souvenir mitigé pour avoir souffert. La fin a été plus dure tout de même, mais sans souffrance excessive, j’ai trouvé un bon compromis dans la dose de résistance que j’étais apte à supporter pour mener à bien ma course. Jamais je n’aurais osé espérer un résultat pareil, surtout pas avec le début de semaine que j’ai eu ! Incroyable retournement de situation, c’est d’autant plus gratifiant !

Après cela, Evaristo est allé récupérer notre sac pendant que je m’étirais et attendais Jacky (qui a terminé en 1h35), et je suis allée trottiner une dizaine de minutes pour décrasser les jambes. Nous sommes ensuite alllés boire une bonne bière avec des membres du club sur une terrasse, il faisait tellement magnifique et doux, c’était super agréable après cette belle course.

Quant aux tests de ravitaillement, je dirai qu’ils ont été très concluants : d’une part, mes sensations excellentes, d’autre part aucune gêne au niveau de l’estomac, tout a très bien passé et été bien digéré. J’ai donc adopté ces produits que j’utiliserai pour mon marathon dans 4 semaines.

Ma course en chiffres :

Mon allure est 5:01/km, soit presque du 12 km/h sur un parcours plutôt montant. Pour moi, c'est déjà énorme ! Et c'est 5'18" de mieux que mon meilleurs temps sur ce parcours (1:31:41 en 2005). Sinon, j'avais mis 1:37:11 en 2009 et 1:38:40 en 2008. Une nette amélioration donc, sans pour autant avoir eu l'impression de courir si vite ! C'est ça le plus étonnant, pendant ma course, j'étais bien mais je n'avais pas l'impression d'aller particulièrement vite (pour moi, s'entend !)

Temps de passage (que j'ai découverts après ma course) :

km Allure Remarque
1  5:01 faux-plat descendant 
2  5:19  montée
3  4:57  
4  5:35  montée
5  5:39  montée
6  4:50  
7  5:04  
8  4:57  
9  4:53  
10  4:54  
11  4:33  descente de Pensier
12  4:53  
13  5.58  montée de la Sonnaz ! Suis pas descendue sous les 10 km/h !!! Yesssss !
14  4:45  
15  4:41  descente sur Fribourg
16  4:47  
17  4:58  dernière montée !!!
17.170  4:41  

Je dois dire que quand j'ai vu ces laps, j'ai vraiment été étonnée. Car j'ai donc couru sans regarder ma montre, entièrement au feelign, sauf au passage des 10 km où je voulais quand même voir où j'en étais : 51'12", c'était déjà ... très encourageant, avec 2 km de montée déjà dans les pattes !

Voilà pour les news. Cette semaine va commencer de façon assez légère avec trois footings, avant d’attaquer du plus dur et plus long le week-end prochain. Aujourd’hui, je me sens en pleine forme, mes jambes vont bien, aucune courbature. J’ai déjà hâte d’aller faire mon footing !

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