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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 23:10

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Vue sur les glaciers depuis le Görnergrat (à défaut de voir le Cervin)

Bon, je vais quand même m'y mettre, faut quand même donner des news  !

Alors tout d'abord, c'est juste magnifique, grandiose, une organisation au top, un cadre splendide, une météo très clémente juste pour la course, tous les ingrédients y étaient. Mon souvenir restera radieux et positif, même si l'expérience fut malgré tout décevante. Pas la manifestation en soi, bien au contraire. J'ai juste l'impression d'avoir pris de petites vacances, c'était féérique, une coupure qui fait du bien, une ambiance détendue, de très bons moments avec ma soeur et mon neveu.

Non, ce qui m'a déçue, c'est ma course à moi. J'ai toujours craint ces courses montantes. J'avais la partie facile donc, 600 m sur 21 km, ce n'est pas le bout du monde, mais pour moi c'est déjà quelque chose. Les quelques entraînements en côte m'avaient rassurée, un peu trop peut-être ? Je suis partie assez détendue et confiante, sans grosse pression, car l'objectif avec ma soeur était de nous faire plaisir.

Seulement voilà, j'ai très vite senti que je n'avais pas de jambes. J'ai voulu tenir un certain rythme quand même sur les parties roulantes (et il y en avait beaucoup), mais ça me coûtait. Les 5 premiers kilomètres ont encore assez bien passé, déjà montants. J'ai passé la côte du 8e à une allure correcte : une bonne montée vers un immense éboulement, au bord d'une rivière (en fait, on longe la Vispa). Mais après ça, difficile de relancer. Même sur le plat, je peinais à maintenir les 10 km/h !? Je me faisais violence pour avancer, mais j'étais vraiment à court de jus, pas d'énergie, pas de jambes. L'impression d'avoir fait des squatts en série et de devoir courir ensuite avec des jambes en coton, voilà qui décrit assez bien mes sensations. Alors évidemment, ça a bien gâché ma course. Je voulais à tout prix ne pas trop perdre de temps, pour que ma soeur puisse prendre le relais à une heure correcte et ne pas partir trop tard (le temps devait se gâter l'après-midi selon la météo). Mais je n'avais qu'une envie : marcher, même sur le plat ! Je n'ai jamais eu une panne de jus comme ça.

J'ai été malgré tout très sensible à la beauté du paysage. Je m'attendais à un semi assez monotone, mais la vallée était magnifique avec cette belle paroi rocheuse sur notre droite, bien éclairée par le soleil du matin, radieux et chaud, et toute cette verdure. Car on a eu chaud, ça cognait dans cette vallée. Il y avait plusieurs stations d'épongeage bienvenues. Vraiment, une excellente organisation.

Finalement, au ravitaillement de Täsch (vers le 15e km), je me suis carrément arrêtée (j'ai marché aux autres), j'ai pris une demi banane, un bout de powerbar (dégueu, tout collant après avoir chauffé sous le soeil), j'ai essayé de prendre du fuel quoi, ça ne pouvait pas me faire de mal. Car à côté de mes 2 gourdes d'eau, je n'avais pris qu'un gel coup de fouet que je me réservais pour les 5 derniers kilomètres où ça grimpe bien, juste avant le relais de Zermatt. Pas assez prévoyante, mais pas dit que ça ait changé grand chose ...

Donc petit arrêt ravitaillement, puis j'ai essayé de relancer comme je pouvais su le dernier bout de plat. Je dois dire qu'il y avait de bons et longs bouts très roulants, plats ou presque. C'est donc bien moi qui avais un problème. Entre le 10 et le15, c'est quasiment plat tout du long, il y a même un peu de descente ! Et moi qui n'avançais pas ...

Arrive le début de la montée sur Zermatt, sur la route d'abord. Là, je marche quelques foulées et j'en profite pour avaler mon gel coup de fouet, mes jambes ne répondent plus. Je me force à reprendre la course, ça m'insupporte de devoir marcher, surtout quand il n'y a pas de réelle difficulté.

Puis arrive la plus belle partie à mon goût. Un vrai passages trail : un petit sentier qui passe au-dessus de la voie ferrée, avec de petits virages, des racines, des rochers, superbe ! Mais dur (même si rien en comparaison de ce qui attendait ceux qui vont jusqu'à Riffelberg ou plus) ! Moi qui étais déjà sans jus, j'ai bien évidemment marché là où la pente était plus raide. Bon, rassurée de voir que tout le monde marchait autour de moi, ça rassure un peu.

J'ai oublié de préciser que je me suis beaucoup, mais alors vraiment beaucoup fait dépasser ! Pour une bonne raison : le départ du marathon se faisait après celui du relais (sauf l'élite partie avant), et tous les coureurs qui valent moin de 3h sur un marathon plat, puis moins de 3h30, etc, nous ont forcément rattrapés, et ce sur des kilomètres ! Ce n'est pas évident psychologiquement, surtout quand on est dans le dur. J'avais constamment l'impression que j'allais me retrouver seule en bout de peloton. Puis de temps à autres, j'entrevoyais les coureurs en relais qui avaient pris le départ avec moi, et qui finalement étaient toujours à ma portée, et ça me rassurait un peu. Sauf que je ne savais pas combien de temps j'allais encore tenir. Ce n'étais pas une question de souffle ni de pulsations trop élevées : de ce côté-là, ça allait bien. Etonnant. Vraiment ni énergie ni jambes, tout se résume à ça.

Donc - je m'égare ! - dans ce dernier passage, j'ai eu un regain d'énergie (le gel ?). Pas que je retrouvais mes jambes, mais l'envie était plus forte que mes jambes en coton. J'ai donc alterné marche dans les côte et course dès que c'était plus roulant. Sauf que la marche dans les montées était vraiment pénible, j'avais l'impression de soulever une masse à chaque pas. De voir les autres marcher aussi m'a redonné du courage, je n'étais pas en complet décalage, c'était déjà ça. Et quand j'ai vu Zermatt en haut de la dernière côté, j'ai pu bien accéléré, enfin ! N'empêche, j'ai perdu beaucoup de temps sur ces derniers kilomètres, et j'ai perdu de vue les relayeurs que j'avais en ligne de mire depuis le début ...

J'étais vraiment contente d'arriver, ce semi m'a paru très long ! J'ai passé le témoin à ma soeur qui m'attendait (c'est un bracelet avec la puce à mettre autour de la cheville), et j'ai pu récupérer mes affaires et le sac à dos de ma soeur, boire, boire, boire, m'asseoir ! Ouf, c'était fait !

Il faisait bon chaud à Zermatt, je me serais bien prélassée une demi heure ou plus sur une terrasse ! Mais j'avais prévu de prendre le train de 11h36 pour monter au sommet du Görnergrat voir l'arrivée de mon neveu. On ne savait pas trop combien de temps il allait mettre (difficile d'estimer son temps sur genre de course quand c'est une première), et il allait faire frais là-haut (plus de 3000 m). Le train était littéralement bondé, entre les touristes et surtout les gens qui venaient voir l'arrivée du marathon à Riffelberg.

Je suis arrivée au Görnergrat quelques minutes avant l'arrivée du vainqueur, une chance ! 4h et 10 secondes d'effort, 19 minutes d'avance sur le 2e, juste impressionnant. Un Norvégien. Moi qui m'attendais naïvement à voir ces trailers arriver en trottinant, j'ai été suprise de les voir tous marcher, pour courir (pour certains) les derniers 100 mètres, tous fort entamés et avec la souffrance sur le visage.

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Le vainqueur sur la petit pont à100 m de l'arrivée

Le soleil a peu a peu été masqué par les nuages, un vent frais soufflait, et je commençais à avoir froid malgré ma polaire et mon coupe-vent. Mais j'avais une place de rêve : un petit banc à 50 mètres de l'arrivée !

Mon neveu est arrivé assez "frais" je trouve, comparé à d'autres avant lui. Il a couru depuis le pont jusqu'à l'arrivée, et je dois dire qu'ils étaient peu à le faire (le 1er, mais pas le 2e par exemple). Lui termine 5e de sa catégorie (moins de 30 ans), et 77e au scratch (sur 700 inscrits), en 5h22, ce qui est un super résultat, pour une première en plus (il n'a même jamais couru de marathon avant) !

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Arrivée de mon neveu (enfin, à quelques dizaines de mètres, l'arrivée est juste là derrière (c'est le 2e qu'on voit de dos) :

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Moi qui était déjà admirative avant, après avoir tellement peiné sur mon ridicule semi avant, je suis d'autant plus impressionnée par l'effort fourni ! Juste énorme !

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Avec Rachel, membre du club arrivée presque en même temps

Après qu'il ait pris le temps de récupérer un peu, nous sommes allés vers l'arrivée du marathon pour voir arriver ma soeur. Mais à peine sortis du train, que celle-ci nous interpelle : elle était déjà arrivée, en 2h59 ! Bravo à elle, c'est super. Elle craignait tellement ! Elle est une bonne coureurs, très bonne dans les montées et qui adore la montagne, mais elle souffre d'une forte anémie, et manquait de jus depuis les 20 km de Lausanne. Elle appréhendait donc ... Mais elle a super bien géré, et s'est fait véritablement plaisir. Tout le contraire de moi, quoi !

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Mon neveu et ma soeur vers l'arrivée du marathon

Je suis allée récupérer ma médaille (l'équipe doit être finisher pour la mériter), mon T-shirt (super en vert fluo), et mon sac de "friandises" (quelques bricoles), puis nous sommes descendus à Zermatt pour nous "ravitailler" : l'estomac vide depuis 6h du matin, il était près de 15h, ça commençait à creuser ! Une bonne douche d'abord, puis un bon petit repas pris vers 17h, original ! Puis retour sur Lausanne, mon neveu a conduit, il était à peine fatigué ! Incroyable.

Une magnifique journée au final, malgré mes souffrances. Seul petit bémol : le Cervin qui n'a pas daigné se montrer entièrement (carrément invisible vendredi, on a pu en apercevoir un bout samedi). Dommage pour cette 10e édition, car c'est vraiment la carte de visite de la région !

Quant à l'organisation, comme je l'ai dit, elle était top ! Entre les volontaires à profusion, tout qui roule sans accrocs, les trains gratuits sur 3 jours dans la région (quand on sait que la seule montée au Görnergrat coûte dans les CHF 70.- !), un magnifique T-shirt de finisher (différencié pour le marathon ou l'ultra), la médaille, vraiment, rien à dire, rien du tout, que du parfait ! Même les WC au départ étaient super propres à encore 10 minutes du départ !

Je suis très fière de mon neveu et de ma soeur, épatée par leur performance, un exploit à mes yeux. Peut-être que j'ai un peu sous-estimé l'effort, et ne me suis-je pas assez spécifiquement préparée. Je ne m'explique quand même pas ce manque de jus, car ça a commencé tôt dans la course, avant les "vraies" difficultés ...

J'oubliais : j'ai quand même réussi à faire 2h13 (je visais 2h15 à 2h30). Mais avec une forme normale, j'aurais facilement mis quelques minutes en moins, et surtout j'aurais moins souffert ! Peut-être dois-je aussi revoir ma gestion de course ...

Mais rassurez-vous, cela restera comme je l'ai dit un très beau souvenir. De la faire "en famille" aussi, c'était très sympa. J'étais tellement heureuse pour eux deux, du bonheur partagé et ça, ça n'a pas de prix !

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Published by valcox - dans compétitions
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commentaires

Laurent@running network 18/08/2011 16:13



Superbe paysage. dommage que mon gabarit de sprinter viellissant ma fasse tant souffrir a chaque bosse


Bravo



valcox 18/08/2011 23:05



Merci  ! Les paysages compensent les souffrances  (je dis ça, mais je n'ose pas faire une vraie course de montagne avec beaucoup de dénivelé !)



dd2012 14/07/2011 18:44



J'ai atterri sur ton blog après ton commentaire sur celui de vinvin20. J'étais déjà dépaysé en regardant ses photos mais là tu ajoutes encore un peu à mon dépaysement ;-) 


Bravo pour ta course, je rejoins Vinvin 2h13 les jambes sont là tout de même !!



valcox 14/07/2011 21:21


Merci pour ta visite !


vinvin20 14/07/2011 00:59



"Les jambes n'etaient pas là"...mais franchement 2h13 c'est plutot bien!


De magnifiques photos, c'est un coin superbe.


Bravo à toute la famille !  Pour ton neveu, un resultat plus que prometteur.


Bonne récup. à tous les 3.



valcox 14/07/2011 18:26


Merci Vinvin :-)


Bob le coureur 13/07/2011 07:32



Même si tu n'es pas satisfaite de ta course, je te dis un grand bravo. C'est quand même un semi avec du dénivelé, il faut de la persévérance pour y arriver, surtout si les jambes ne suivant pas.


A part ça, j'ai mis un moment à comprendre que ton neveu c'était en fait Christophe



valcox 13/07/2011 13:38


MDR ! J'avais cru que tu savais ;-)


doune 11/07/2011 20:24



finalement, un super week-end au pied de la montagne chocolat non ? avec un super chrono à la clé... 



valcox 12/07/2011 09:09



Oui, un super week-end. Quant à la "montagne chocolat" (c'est bien ça ), elle n'a pas voulu se dévoiler entièrement,
elle a fait sa capricieuse  ! Mais même sans cette vue, c'était splendide.



Luc Levesque 11/07/2011 17:36



Çà me fait rêver de tels paysages, j'adore ça. De très belles photos, merci et mes félicitations pour ton semi. 



valcox 12/07/2011 09:08



Oui, le cadre est vraiment magnifique  !



Sydoky 11/07/2011 10:13



Bravo Valérie Je trouve que c'est un très bon résultat vu le dénivelé de ton parcours. Peut-être que c'est
l'altitude qui t'a plombé les gambettes Je me souviens en Chine dans les courses de montagne, j'avais l'impression
de ne pas avancer. Félicitations également à ton neveu et à ta soeur Bonne récup et bonnes vacances à tous



valcox 11/07/2011 13:02


Merci Sylvie ! Je ne crois pas que ce soit l'altitude, car Zermatt - point culminant de mon parcours - est à 1620 m seulement, et j'habite moi-même à 800 m, donc pas une différence énorme. Je crois
que je suis dans un creux de forme, ça fait 2-3 semaines que ce n'est pas le top ... Quant aux vacances, il me faudra encore attendre 2 semaines ;-)


calimero13990 10/07/2011 23:40



En tout cas un sacré challenge réussi et c'est bien là l'essentiel!


Quand tu vois que le vainqueur gagne en 4 h çà donne une idée de la difficulté du truc!


Bravo aussi à toute la famille ;-))



valcox 11/07/2011 07:06


Merci Philippe. 4h, c'était pour l'ultra, le marathon, lui, a été remporté en 3h09, j'ai oublié de le préciser.


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