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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 15:35

C’était hier ma 6e participation à cette grande classique qu’est Morat-Fribourg. Mon 2e meilleur chrono. Impression mitigée pourtant. Peut-être qu’avec un peu de recul je saurais mieux faire le point. Pour l’instant, je ne sais pas si je dois être satisfaite ou non.

Inscrite dans le bloc <1h35 (chrono de 1h30:57 l’an dernier), j’étais à ma place. Le bloc précédent était pour les <1h30. J’ai pour une fois choisi de me placer assez devant, après en avoir discuté avec une copine du club. En effet, ça bouchonne très vite. Habituellement, je n’aime pas me mettre devant, car je pense qu’il faut savoir rester à sa place, et ne pas gêner les plus rapides sous prétexte de grapiller quelques secondes. Je préfère aussi les départs prudents, les quelques secondes « perdues » à piétiner sont un bon investissement je pense, si on ne perd pas trop d’énergie à slalomer pour dépasser. Là, j’étais théoriquement juste, je ne devais donc gêner personne.

Bref, départ aux premières loges donc (les blocs partent toutes les 3 minutes). Déjà, cafouillage à quelques secondes du départ, avec ma ceinture porte-dossard qui s’est subitement desserrée alors que je voulais l’ajuster. J’ai dû faire un nœud dans la précipitation pour qu’elle tienne. Le coup de pistolet retentit, je pars encore en train de nouer ma ceinture. Ce sera sans incidence, je suis le flux. Mais très rapidement, je me dis que l’allure est trop rapide. Ça ne fonce pas, mais tout de même, il me semble qu’on va vite. Après environ 200-300 mètres, je décide de ralentir. Je me fais dépasser de toutes parts, et je me dis que j’ai été stupide de choisir cette option. C’est bien plus grisant de partir doucement, et de prendre peu à peu son rythme, pour ensuite suivre le flux ou dépasser. Là, j’ai clairement l’impression d’être à contre-courant. Passage au 1er km en 4:44 malgré le ralentissement, c’était donc bien beaucoup trop rapide !

Je trouve malgré tout assez vite la bonne allure, du moins il me semble. Je ne me laisse pas perturber par tous ceux qui me dépassent (ça va durer quelques kilomètres mine de rien !). La première montée est vite là, après 1.5 km environ. Replat après 500-600 mètres, puis c’est parti pour la 1ère vraie montée, sur 2 km. Je cours au feeling, je suis bien, le souffle va bien, les jambes aussi. Objectivement. Pourtant, ce n’est pas l’euphorie. Mes pulsations sont basses, je suis au maximum à 160 puls au haut de la montée, même pas au seuil ! Je veux garder de la réserve pour la suite, c’est loin d’être fini. Je cours bien, je gère, mais je n’ai pas particulièrement de plaisir. Je reprends de la vitesse sur la partie "plane" (c’est encore légèrement vallonné, mais très roulant).

N’ayant pas pu prendre de gel au départ (j’en ai perdu un à l’échauffement), j’en prend un au 7e km plutôt qu’au 10e comme je l’avais prévu. Pour la bonne conscience, car je ne pense pas honnêtement que sur une si « courte » distance, on puisse être à court de sucre. Mais j’aime bien faire ma répétition générale pour le marathon, même si je connais déjà les produits et que je sais qu’ils me conviennent.

On arrive à Courtepin, je prends un verre au vol, je m’agace un peu des gens qui s’arrêtent presque au milieu pour boire ! La voie du milieu devrait rester libre pour ceux qui courent il me semble. M’enfin bon, pas la peine de s’énerver, à nouveau, quelques secondes ne changent rien.

Dans la descente de Pensier, j’essaie de ne pas trop accélérer, juste me laisser porter par la pente, car il y a après la terrible montée de la Sonnaz, et il faut avoir du jus pour l’attaquer.

Je suis toujours dans la gestion, mais sans plaisir je dois dire. C’est curieux, je ne sais pas à quoi c’est dû. J’aborde très prudemment la première partie de la montée de la Sonnaz, puis j’accélère dans la 2e partie, la plus longue. C’est drôle, je suis toujours assez bien sur cette portion là. Il y a le DJ avec sa techno, et je regrette qu’elle soit moins forte que les autres années. D’habitude, on l’entend de loin et longtemps, là, ils ont baissé le volume. Dommage … Du reste, il me semble qu’il y avait aussi moins de groupes de Guggenmusik que d’habitude. Curieux pour la 80e édition !?

A partir de là, je dépasse du monde. J’arrive dans la dernière partie très roulante avant l’entrée dans Fribourg. Je n’aime pas ce passage dans cette zone industrielle. Arrive l’entrée dans Fribourg (je prends en vitesse mon gel coup de fouet avant le dernier ravitaillement, pour pouvoir boire avec), qui me paraît toujours très longue, avec sa première bosse et sa montée finale sur l’arrivée. Elle me paraît moins longue cette fois, sauf la dernière montée qui est vraiment pénible. J’accélère car c’est le dernier effort, mais sans réussir à vraiment me donner, je n’ai pas la motivation à me faire mal.

Je le regretterai après, car mon car mon temps aura été de 1h30:01 ! Il aurait suffi d’un petit sprint pour passer sous l’heure trente, seuil psychologique ! Pas grave, c’était à ma portée, je n’ai pas regardé ma montre, bien fait pour moi !

1h30:01 sur 17.45 km, c’est 1h28:34 rapporté aux 17.17 km habituels, soit sans le petit détour pour éviter le pont en travaux. Mon meilleur chrono est 1h26:23 (2011), donc en gros 2 minutes de moins. De ça, je suis très contente, car 2011 était une année exceptionnelle pour moi (et je pesais 8 kg de moins !). Par contre, en 2011, c’était l’euphorie, du plaisir de bout en bout. Là, une certaine apathie qui me laisse une drôle d’impression.

Contente aussi par rapport à l’an dernier, car je gagne presque 1 min. (même distance cette fois, il y avait déjà les travaux), avec 2.5 kg de plus. Donc il semblerait que malgré mes péripéties de début d’année (bon, j’avais aussi fait des miennes début 2012), j’aie bien récupéré ma forme, le plan porte ses fruits. Mais il manque indéniablement l’enthousiasme. Faut dire que je ne me réjouis pas de Lucerne comme je me réjouissais pour Valence l’an dernier ou Lausanne en 2011. Je me réjouis parce que j’aime les marathons. Mais si ça ne tenait qu’à moi, ce n’est certainement pas celui-là que j’aurais choisi. Ceci explique peut-être cela …

Je m’interroge aussi sur ma capacité à monter fort en intensité. Quand je regarde mes pulsations, je suis quand même perplexe. Déjà l’an dernier, j’avais le sentiment d’avoir pu donner plus, ma moyenne était basse (162 puls, soit juste en-dessous du seuil, qui se situe entre 163 et 169 puls pour moi, selon mon test de lactate). Là, je ne suis qu’à 156 de moyenne, soit 6 puls de moins ! Je suis même descendue à 145 dans la descente de Pensier, c’est dire si je n’ai pas tiré dans cette dernière. Et là, ça rejoint ce que me dit mon homme : je me préserve sans doute trop, par peur de câler, de ne pas tenir.

Et pourtant, j’ai le sentiment d’avoir quand même fait un bel effort, je ne me suis pas promenée. Mais j’avoue aussi avoir toujours été très à l’aise côté souffle, ce sont plutôt les jambes qui suivent moins bien. Alors quoi : c’est ma fc max qui a drastiquement baissé ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à tirer plus ? Est-ce c’est ma peur de ne pas tenir qui me fait rester sur ma réserve ? Ou suis-je vraiment incapable d’aller plus dans le dur ? Faut dire que quand on n’a pas de plaisir, on se fait moins volontiers mal … Est-ce que tout tient à ça ? Manque de plaisir, de motivation ? C’est ça qui me laisse cette impression mitigée dont je parlais au début. Le sentiment d’avoir géré, et paradoxalement d’avoir pas su donner plus, d’être incapable de me bousculer et de me faire mal … Frustrant.

Mais on va rester sur du positif, car après tout, ça s’est bien passé, et je n’ai pas le sentiment non plus d’avoir subi ma course, loin s’en faut. L’entraînement paie, ma forme est bonne. J’ai bien quelques soucis avec mes tibias, mais j’ai trouvé quelques parades qui devraient faire l’affaire d’ici au 27 octobre (manchons de compression, anti-inflammatoires, glaçage, compresses Flector, massages). Quant à Lucerne, le cadre est tout de même magnifique, ce sera certainement une très belle expérience tout de même (il me faut juste digérer le fait de devoir faire 2 boucles).

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Published by valcox - dans compétitions
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commentaires

Luc Levesque 11/10/2013 18:52


C'est positif. La forme te colle à la peau. Bravo.

rohnny 09/10/2013 21:23


Bravo Valérie meme si tu as un sentiment mitigé, tu as fais un bon chrono. Je me retrouve un peu dans ton post, moi aussi je me demande si je ne me freine pas toujours un peu par peur de rentrer
dans le dur... Félicitation à toi et surtout bonne continuation :-)

valcox 11/10/2013 16:16



Merci 



doune 09/10/2013 20:53


Un jour faudra que je viennes courir cette course quand même... c'est un peu "the race to be" en Suisse avec les 20kms de Lausanne.


 


Après, pour ton soucis de FC... je dirai "bienvenu au club des diesels".

valcox 11/10/2013 16:15



Le chamois que tu es l'avalera les doigts dans le nez !  Très beau aussi et à faire : le Grand Prix de Berne.
Tu connais ?



vinvin20 08/10/2013 23:43


Certain voudrait voir leur coeur monter plus haut, d'autres descendre plus bas


ET meme reflexion que Babaorun. Tu te retiens peut etre un peu inconsciement a cause de tes douleurs aux tibias.


Enfin tu peux etre contente de toi. ça te laisse presager un beau marathon.  Toujours un plaisir de lire tes CR et de suivre tes entrainenements.


A tres vite.

valcox 09/10/2013 09:11



C'est vrai qu'on a le problème inverse en ce moment !


Malheureusement, depuis ma petite sortie de décrassage de lundi, j'ai mal aux tibias même en marchant maintenant. Consignes de la coach : ne plus courir jusqu'à samedi, et tenter alors un footing
pour voir ce que ça donne . Je vais donc pédaler, et j'espèr que ça donnera vite le tour ! Donc pour le beau
marathon, rien n'est moins sûr ...



JCS 08/10/2013 10:48


Je vois deux raisons.


Tu cours avec une douleur depuis un moment et cela marque l'esprit automatiquement et tu perds la notion de plaisir à "force"


La deuxième pour le coeur plus bas. Sans doute parce que tu es dans un gros volume d'entrainement en ce moment pour toi. Donc ton coeur a moins de "jus" pour monter dans les tours. C'est un
classique des prépas marathon. Regarde plus ta vitesse que ton coeur Val.

valcox 08/10/2013 15:31



Très intéressant ! Cela dit, durant ma course, je n'ai quasiment pas senti mes tibias, l'anti-inflammatoire que j'avais pris avait fait son effet (hélas, la douleur a bien augmenté
depuis ). Quant au cardio, ça doit être ça ! Cela expliquerait la contradiction entre mes pulsations et mes
sensations. Merci Jean-Christophe pour ta fine analyse 



eric 08/10/2013 09:49


Bravo pour ce parcourt en demis teinte.


Alain fait la même analyse que moi, ce n'est pas l'objectif premier. Tu fait cette course comme tu aurais fait une sortie longue. Trop concentré sur l'objectif marathon et pas assez ouverte a la
course en cours.


Je pense que cela est normal, on as pas envie de se griller à l'entrainement mais seulement de de se rassurer.


Cette course me semble remplir cet objectif, tu te connais bien et tu as confirmer ce que tu savais déjà, tu sait que lors du marathon tu donnera tout, comme a chaque fois.


Merci pour ce recit entrainant, bonne continuation

valcox 08/10/2013 15:28



Je ne demande qu'à te croire  



Claude 07/10/2013 21:16


Bravo pour ta course et merci pour ton compte rendu... Pas souvent que je passe ici, mais ça fait plaisir de te lire. :-)


 


Claude.

valcox 08/10/2013 15:25



Merci Claude 



Alain 07/10/2013 18:27


Intéressante ton analyse, car je termine cette course avec les mêmes impressions mitigées que toi.


Mon hypothèse est que notre vrai objectif est dans 3 semaines (toi le marathon de Lucerne, moi le semi de Lausanne) et que nous ne sommes pas en mesure de nous donner à fond sur une course de
préparation.


Ceci dit, une minute de gagnée c'est un très bon signe, et avec l'aisance que tu as montrée aux 6x40"/40" de jeudi passé, je serais à ta place très confiant  pour Lucerne !

valcox 07/10/2013 22:04



Merci Alain pour ton avis et tes encouragements ! Je n'avais pas pensé à ce que tu dis. Peut-être bien ... 



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