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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 18:03

Par où commencer ? Ça bouillonne dans ma tête, et j’ai mille chose à raconter, tout est encore un peu pêle-mêle dans ma tête ! Le plus simple est sans doute d’aller dans l’ordre.

La dernière semaine

Elle a été légère, avec une sortie de 40’ mardi, idem jeudi, et 30’ samedi dont 6 x 30/30, juste pour faire un petit rappel aux gambettes. Les sensations étaient bonnes, rien de particulier à signaler.

La diététique

nutrition_sport_-proteines5.jpg

Histoire de vraiment mettre tous les atouts de mon côté, j’ai suivi le régime recommandé par notre coach, qui n’est autre que le fameux RDS, mais sans les sorties longues intenses visant à vider le stock de glycogène (on va laisser ça aux pros) ! J’ai comme toujours été très stricte, donc priorité aux protéines les 3 premiers jours, aucun sucre d’aucune sorte, pas de pain, pas même un fruit. Je dois dire que le 3e jour, je commençais à en avoir assez, moi qui ai tendance à ne pas manger assez de protéines, là, j’étais presque en overdose ! Heureusement, les légumes et les salades sont permis, et je ne m’en suis pas privée !

Dès jeudi, c’était l’inverse : priorité aux glucides, de préférences lents (sauf le 1er repas jeudi matin où on peut faire la part belles aux sucre rapides), des protéines en quantités raisonnables et peu de lipides. Quel bonheur de pouvoir se "gaver" de bonnes choses ! Bon, je ne me suis pas empiffrée, je vous rassure, mais j’ai quand même fait 5 repas par jours, les 3 principaux plus 2 collations. J’avais préparé un Gateausport maison (selon la recette de Sydoky, en y rajoutant des amandes moulues et une bonne cuiller de cacao en poudre, et en remplaçant le jus d’orange par du lait de soja). J’en ai mangé du jeudi au samedi, pour les en-cas, et parfois comme dessert. Sinon, du riz complet, des pâtes à farine intégrales, du pain multi-céréales, des fruits frais (jeudi surtout, moins vendredi, et juste une pomme samedi) et en tarte, de la viande maigre, des légumes digestes (courgettes, tomates, concombre cuit, salade sauf le samedi). Bref, que de bonnes choses, c’était une plutôt agréable !

Et j’ai bu, beaucoup bu ! Les 3 premiers jours pour "nettoyer" les reins mis à rude épreuves par l’excès de protéines et l’absence de sucres, et les 3 jours suivants pour bien assimiler et stocker les sucres : 1 g de sucre nécessite 3 g d’eau paraît-il. Donc une bouteille d’eau en permanence avec moi pour ne pas oublier de boire.

Ainsi, je devais arriver le jour J avec un stock de glycogène maximal et une hydratation optimale. De quoi repousser le mur si celui-ci se décidait à venir jouer les trouble-fête !

On positive !

Côté mental, j’ai tout fait pour rester positive, et ne pas laisser le doute s’insinuer en moi. Pas toujours évident, car l’objectif me paraissait quand même énorme ! Je gardais en tête ma priorité qui consistait à faire moins de 4 heures, en me disant que ce serait déjà une très belle victoire. Je sais que sur marathon, rien n’est jamais gagné d’avance, tout peut arriver, et j’avais par moments crainte qu’à vouloir être trop gourmande, je risquais de rater cet objectif là, qui me semblait tout de même tout à fait à ma portée ! Car j’en ai vu au cours de mes 3 premiers marathons, des gens qui s’écroulent sur le 2e semi, pour avoir mal géré et payé un départ trop rapide … Ça fait peur quand même. Alors je me répétais que j’avais mis tous les atouts de mon côté : la prépa suivie avec sérieux, l’alimentation, le poids. Et je ne cessais de me répéter que si notre coach me disait que je pouvais le faire, c’est que je le pouvais. Ce qu’il faut préciser quand même, c’est que mes progrès sont très récents, tellement récents que je ne réalise pas encore. Je n’ai quasiment pas de résultats en compétition qui confirment cette progression, ce sont surtout mes entraînements qui se sont très bien passés. Alors d’un côté, je me disais que j’étais folle d’y croire, et d’un autre côté, j’y croyais malgré tout. J’ai donc finalement réussi à arriver le jour J dans un état d’esprit plutôt positif.

Une belle rencontre

sandrunning1.JPG

Le marathon de Lausanne propose plusieurs distances, dont également un semi-marathon. Et justement, Sandrunning venait le courir en préparation pour son marathon de Nice-Cannes qui aura lieu dans 3 semaines. Le timing était assez serré, puisqu’elle ne venait que pour le week-end : arrivée samedi en fin d’après-midi, et départ dimanche en début de soirée. Finalement, nous avons décidé de nous retrouver à son arrivée à Lausanne, histoire de ne pas se rater, car il est difficile de se retrouver à l’arrivée des courses tant il y a de monde.

C’était vraiment très sympathique, j’ai été enchantée de faire sa connaissance, elle est aussi sympa en vrai que le laisse transparaître son blog ! Nous avons eu le temps de papoter un peu samedi, je l’ai accompagnée au retrait des dossards (j’avais retiré le mien la veille), puis nous sommes allées boire un café. Et puis du coup, moi qui avais l’intention de manger au calme chez moi le soir, j’ai rejoint mon "équipe marathon" à la pasta party, c’était très sympa. Quant à elle, elle a retrouvé ses collègues qui couraient également.

Le marathon

Vue-rivaz.JPG 

Tout comme pour le marathon de New York, celui de Lausanne coïncide avec le passage à l’heure d’hiver chez nous. Aucun stress à avoir donc le matin, le départ a lieu à 10h10 (10h14 pour moi qui suis dans le 2e bloc, il y a 2 blocs en tout), ce qui correspond à 11h10 pour nos organismes encore à l’heure d’été !

Mon mari (qui participait au semi) et moi avons eu le temps de manger tranquillement notre Gatosport (la version industrielle cette fois, testée à l’occasion de Morat-Fribourg) et de vérifier qu’on n’avait rien oublié (porte-gourdes, gels, sac pour l’après-course, dossard, etc). Nous nous sommes rendus en métro à la Place de Milan où avait lieu le départ. Nous avions environ trois quarts d’heure devant nous, ce qui est largement suffisant puisque je ne comptais pas m’échauffer plus que 10 minutes en trottinant, juste histoire de ne pas partir à froid. Quant à mon homme, son départ avait lieu l’après-midi, il avait donc tout le temps.

Nous y avons vus tous ceux avec qui je me suis préparée, ainsi que Philippe, Linda et Alain. Linda, qui était de retour du Canada, participait au 10 km (elle a fait un super chrono malgré le jet lag !), quant à Alain, il a décidé de prendre le départ du marathon malgré une bonne crève, c’était bien courageux ! Il terminera avec même pas un quart d’heure de plus que son objectif initial, chapeau bas, je ne sais pas comment il a fait dans son état ! Sûr qu’il aurait pulvérisé son record en temps normal, ce n’est vraiment pas de chance …

Sandrunning m’avait informée par SMS qu’elle viendrait au départ du marathon (son hôtel n’était pas loin), je ne l’ai hélas pas aperçue, bien qu’elle ait filmé le départ de mon bloc.

Comme prévu, j’ai trottiné 10 petites minutes pour m’échauffer, puis après un dernier pipi "préventif", je me rends dans le bloc de départ, où j’avale un gel en attendant le coup de feu. Il y a donc deux blocs pour la distance marathon (il y en a 5 pour le 10 km et 7 pour le semi), et je suis dans le 2e. J’ai en effet indiqué un temps de 3h59 à l’inscription, et même s’il y a deux blocs, je sais qu’il n’y a pas foule non plus, et que ce ne sont pas les quelques secondes "perdues" au départ qui vont changer quelque chose, bien au contraire. Seul Jacky est dans le même bloc que moi, tous les autres sont dans le 1er. Eh bien ça peut paraître bizarre, mais je préfère, car je suis certaine de ne pas être influencée et de partir à mon rythme. Je ne veux m’occuper de personne, et me concentrer sur ma course. Suivre un ballon ne m’intéresse pas non plus, je préfère me fier au temps au km et tâcher d’être la plus régulière possible.

L’objectif qui avait été fixé après notre petit 5 km de samedi dernier était donc de 3:39:00, ce qui correspond à du 5:11/km, allure à tenir dès le début selon les indications de notre coach. Je préfère ne pas trop penser à ce chiffre, le voir me fait peur, il y a quelques mois encore, je tenais tout juste un 10 km à cette allure ! Alors je préfère ne pas trop réfléchir et "obéir bêtement", ça vaut mieux pour mon stress ! Je me dis que j’ai tenu du "tempo" bien plus rapide sur des durées assez longues à l’entraînement, ça devrait donc le faire, il faut y croire.

Je décide de ne pas m’inquiéter du chrono sur le 1er km, il sera assurément plus lent, mais il y en a 41.195 de plus pour rattraper, j’ai largement le temps, j’ai même prévu une allure un peu plus lente sur les 5 premiers, histoire de partir en douceur. Dans les faits, je courrai bien le 1er en 5:25, ce qui me va très bien, mais le deuxième sera déjà en 5:01 ! Pas de panique, c’est bien normal, il est en descente ;-) Je me suis juste laissée porter par le poids de mon corps, sans forcer, ce n’est pas une accélération au sens propre, juste un allongement naturel. Je veille par contre à ralentir quand on revient sur le plat, car le danger est souvent là, on est faussé par le rythme de la descente. Teresa (notre coach) nous a avertis qu’il ne fallait pas accélérer de plus de 7 secondes au kilomètre sur marathon, pas de brusque changement d’allure donc. Or, je suis fraiche – forcément – et il serait très tentant de me laisser emporter. Dans ce 2e km, j’en aurai profité pour dépasser le ballon de 4 heures, les gens agglutinés autour prennent toute la largeur de la route, alors mieux vaut les avoir derrière !

Bon, je vous rassure, je ne vais pas vous passer en détails tous les kilomètres, mon récit sera déjà bien assez long comme ça !

Donc pour résumer, il m’a fallu me retenir – eh oui ! – sur les 10-15 premiers kilomètres, j’avais tendance à aller trop vite. Normal, on est toujours bien sur le début, il y a intérêt d’ailleurs, sinon c’est plutôt mal barré ! Dire que j’en voyais qui soufflaient déjà au bout de quelques kilomètres, je me demande comment ils auront fait pour terminer, les pauvres …

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vers Rivaz à l'aller (km 13 environ)

Grâce à l’allure moyenne par circuit (donc par kilomètre dans mon cas), ma Garmin me permet de contrôler très précisément mon allure. C’est quand même des bijoux de technologie, ces GPS ! J’arrive donc à corriger rapidement quand je vois que je m’emballe, et je rentre vraiment dans un rythme très régulier. Ce n’est pas évident, car si le parcours est plat, il y a quand même de nombreux faux-plats, montants ou descendants, et l’allure change vite. Ma tactique à moi est de ralentir naturellement dans les "montées", c'est-à-dire de ne pas forcer pour maintenir l’allure, et de la même manière d’accélérer naturellement en descente. Le tout se compensant à merveille, ça évite une fatigue inutile sur ces petites montées, laissons faire les lois de la physique ! C’est marrant, parce qu’on fait le yo-yo ainsi avec les autres coureurs, mais je pense que je dépense moins d’énergie que les autres avec ma technique

Entre le 15e et le 20e, on approche de Vevey – La Tour-de-Peilz, et tout en étant toujours facile, je me dis que ce sera moins évident de tenir la cadence au retour. Je dois maintenant veiller à ne pas "m’endormir" dans mon allure, je me surprends par moments à être au-dessus des 5:11/km, pas de beaucoup, quelques secondes, mais au final, ça s’accumule et on est vite à quelques minutes. Alors si je perds déjà des minutes au 1er semi, ça ne va pas le faire. Grâce à ma Garmin donc, j’équilibre et n’ai qu’une vingtaine de secondes de retard au 20e, c’est parfait.

A mi-parcours, j’ai le grand plaisir de voir mon cher et tendre, qui est sur place pour le départ du semi une heure et demi plus tard. Il courra quelques dizaines de mètres avec moi, me laissera partir, et comme on fait demi-tour peu après, rebelotte au retour. Un coup de baume au cœur. Il me dit qu’il me sent bien, qu’il a un bon pressentiment. Je sais qu’il allait forcément dire quelque chose de positif, mais quand même, ça fait du bien. Il y a aussi des amis là qui sont venus exprès pour m’encourager, c’est vraiment super. Déjà qu’il y a de l’ambiance dans "l’entre-deux villes" comme on dit (agglomération Vevey – La Tour-de-Peilz), ça en rajoute encore ! On est aussi encouragés de toutes parts par les participants au semi qui sont déjà sur place (ils prennent le départ à La Tour-de-Peilz), c’est vraiment très animé ici.

Donc je suis toujours bien, les orteils qui chauffent un peu, mais trois fois rien. Il fait beau, si beau, et bon, si bon ! C’est magnifique. Je sens quand même que tenir l’allure est moins facile, et je sais que le plus dur reste à venir, car le retour n’est pas tout plat non plus, forcément. Et avec la fatigue, eh bien les plats paraissent moins plats, les faux-plats paraissent des montées, bref, tout s’amplifie. Je dois parfois donner un petit coup d’accélérateur pour maintenir l’allure, mais je suis soulagée de voir que je rattrape facilement en fait. Il faut juste que je surveille ma montre pour ne pas ralentir sans m’en rendre compte, c’est plus facile de maintenir que de rattraper ! Quand je veux relancer un peu (je parle de petites variations d’allures), je vois avec plaisir que les jambes et la tête suivent, alors c’est tout bon !

Après le semi, j’ai dépassé Philippe et aperçu Cecilia en la croisant. Je la dépasserai peu après la sortie de Vevey, et j’espère qu’elle tient bon. Je suis partie 4 minutes après eux, puisque dans le 2e bloc, et j’espère qu’elle n’est pas en train de caler, qu’elle est simplement partie plus tranquillement. Cette année, la montée à la sortie de Vevey a bien passé, elle m’a paru plus facile que les autres années. Il faut dire que je m’y attendais, et j’ai une fois de plus naturellement ralenti, sans m’inquiéter du retard pris à ce moment, on perd moins à ralentir sans se griller qu’à forcer et le payer ensuite … C’est à la fin de celle-ci que j’ai rattrapé Cecilia. Un peu plus loin, ce sera Michel que je vais dépasser (qui m’a interpelée, je ne l’ai pas vu, trop occupée à viser quel verre j’allais attraper au ravitaillement).

Après la montée de Vevey, je m’envole un peu, le léger faux-plat descendant qui suit me paraît tellement roulant, je dois me freiner, mais c’est plus fort que moi, je ferai deux kilomètres un peu rapides en 5:05 puis 5:01. Oups, presque 12 km/h, c’est trop vite et surtout trop tôt, le 30e n’est pas encore là, je dois me méfier. Je reprends mes esprits et ralentis.

vers le 30e km2143174_orig.jpg

C’est marrant ça aussi : on a des hauts et des bas, des moments de creux où on est un peu moins euphorique, et l’énergie revient en force sans qu’on s’y attende. C’est bon pour le moral, car si ça arrive une ou deux fois, je me dis au prochain creux qu’il va passer aussi, que ce n’est que passager. C’est avec des petites pensées positives telles que celles-là que j’ai pu maintenir mon allure tout du long, à peu de choses près.

 2140007_orig.jpg

Et puis il y a eu quand même des passages avec les jambes un peu douloureuses. A partir du 25e, j’ai senti l’ischio droit qui commençait à tirer un peu. Comme j’ai déjà vécu cela sur mon 2e marathon (douleurs non-stop dans les fesses et les ischios depuis le 15e km jusqu’à la fin), je sais que je peux faire avec, qu’il faut serrer les dents et continuer. Mais cette fois-ci, fort heureusement, la douleur ne va pas s’amplifier, elle reste légère et va même disparaître, pour revenir brièvement par moments et repartir, tout comme mes moments de creux. Là encore, ça me rassure.

Et puis les kilomètres s’additionnent, arrivent le 30e, le 35e, je maintiens toujours, je dépasse du monde, les crampes commencent à faire leurs ravages autour de moi, le mur aussi, mais moi je continue comme un métronome. Je me dis que je n’ai qu’à maintenir le rythme, même si ça fait un peu mal et que ce n’est pas toujours facile, ce n’est pas une folle allure, elle n’a rien d’inhumain, il faut juste que je reste vigilante. Le plus dur est fait, une fois le 35e passé, tout se joue dans la tête, maintenant je sais que j'y arriverai et que rien ne m’arrêtera. Ce ne sont plus les kilomètres qui s’additionnent mais le compte à rebours qui commence. Je fais la même chose quand on fait des séries : je compte à l’endroit (1-2-3-4-5), puis à l’envers (5-4-3-2-1), ça fait la moitié moins, 5 c’est pus facile à gérer que 10. Je sais que quoi qu’il arrive maintenant, je serai sous les 4 heures. Je pourrais même terminer en marchant. Cette pensée m’enchante !

A Cully (32 ou 33e km, je ne sais plus, désolée si je ne suis pas parfaitement chronologique), il y a Raymond, le président du club, qui nous encourage et nous éponge. C’est un bon endroit stratégiquement parlant, et ça redonne du punch. Et là, je vois juste devant moi Geneviève, à quelques mètres. C’est la plus rapide de notre groupe, je ne devrais pas la rattraper (elle a 4 minutes d’avance également au départ), et puisque je suis dans mes temps, c’est donc qu’elle a dû ralentir. Quand je la dépasse, je vois qu’elle est en légère difficulté, mais sa foulée est très bien, on s’encourage mutuellement, et je continue. J’espère de tout cœur qu’elle tiendra bon jusqu’au bout, elle a été si sérieuse aussi dans sa préparation, et c'est une super coureuse !

Ah oui, j’ai oublié de parler des ravitaillements : j’ai pris à boire à chacun d’eux (tous les 2-4 km, c’est selon), toujours de l’eau sauf une fois où j’ai pris une boisson énergisante, quelques gorgées sans plus, et en courant toujours. Pas question de m’arrêter, ni même de marcher, ça coupe le rythme, et après il faut relancer. Je préfère continuer à courir, et pas besoin de boire des litres, du moment que je m’hydrate régulièrement. Quant aux gels, j’en aurai pris un tous les 5 km sauf au 5e. Uniquement des miens, que j’ai testés à l’entraînement, et à Morat-Fribourg. Je m’arrangeais pour avaler ces gels un peu avant les ravitaillements, de manière à pouvoir boire ensuite. J’ai également bu mes deux gourdes (1.5 dl chacune). Pas eu soif, pas eu de coup de barre, donc bonne tactique je pense.

A partir du 35e, je n’ai plus trop regardé ma montre, je me suis concentrée sur mes sensations, en veillant à maintenir un bon rythme. Il y a plus de faux-plats montants sur les derniers kilomètres, et je ne veux pas voir ma vitesse baisser. Alors j’y vais, je me donne du courage en me disant que c’est presque fini. Et puis je sais qu’il y a Teresa Au 40e pour nous encourager, je veux tenir bon ne serait-ce que pour elle, pour tout ce qu’elle a donné pour nous coacher, le meilleur remerciement que je puisse lui faire est d’atteindre mon objectif ! Effectivement, elle est là, elle me félicite et m’encourage à ne pas lâcher sur ces deux derniers kilomètres. Voilà qui me donner des ailes jusqu’à la fin. Je ne vais pas sprinter, quand même, mais forcer un peu, c’est presque fini, et puis finalement je suis bien. Mes jambes vont bien, et franchement, c’est euphorisant de dépasser tout ce monde, je me dis que j’ai bien géré. Car au fond, ce n’est pas tant moi qui ai accéléré (1er semi en 1:49:44, et 2e semi en 1:48:46), que les autres qui ont ralenti, pourtant la différence d’allure me donne l’impression de voler (comique de dire ça, moi qui ai une foulée des plus rasantes !)

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Dernière ligne droite sur les quais d'Ouchy

N’empêche, elle est longue cette dernière ligne droite ! Mon neveu est là qui me pousse à accélérer sur les derniers hectomètres, et ça y est, c’est l’arrivée ! J’arrête ma montre, et je vois mon chrono : 3:38:35 (je l’ai démarré 5 secondes trop tôt), j’aurai plus tard mon chrono officiel à la puce par SMS : 3:38:30 ! Le bonheur total, je suis HEUREUSE !!!

Mon récit – euh, pardon : mon roman ! – est déjà bien assez long, je vous passe les retrouvailles à l’arrivée. Je dirai juste que mes jambes se sont très vite raidies, je me suis dit que j’allais déguster lundi. Et puis après étirements doux (sans forcer) et avoir marché jusqu’à la tente où nous attendaient nos sacs, et retour, ça m’a fait le plus grand bien et les jambes allaient nettement mieux. Et hier, j'ai été agréablement surprise : certes, les muscles étaient un peu douloureux, mais pas plus que ça ! Et aujourd'hui, je ne sens quasiment plus rien.

Mon homme quant à lui a pris beaucoup de plaisir sur son semi, son genou l’a laissé tranquille, et il signe un super chrono de 1:42:20 ! Un grand bravo à lui qui n’a pas toujours l’occasion de s’entraîner régulièrement.

Encore quelques mots pour dire que Sandrunning nous a retrouvés (ma famille et moi) sur une petite terrasse après la course (nous nous sommes jointes par téléphone portable, c’est bien utile !) où nous buvions une bonne bière bien méritée ! Je n’ai malheureusement pas vu son arrivée, pourtant elle était dans les temps de mon mari, à quelques minutes près. J’ai dû la voir sans la voir ! Pas étonnant avec tout ce monde !

Nous avons eu donc encore eu l’occasion de bavarder un peu et d’échanger nos impressions. Elle a bien sûr survolé son semi en 1:43:50. Elle est tout à fait étonnante de facilité (elle se sous-estime beaucoup), et je suis ravie qu’elle ait apprécié le parcours et la région.

Résultat en chiffres

J’ai donc couru ces 42.195 km en 3:38:30, soit une allure de 5:11/km (11.58 km/h), pile dans l’objectif, avec des victoires à tous les niveaux : la barre des 4 heures est bien tombée cette fois, et même celle des 3:40:00, ce qui est énorme pour moi ! Et pour l’anecdote, puisque nous parlions qualifications la semaine dernière, ce chrono suffirait à me qualifier pour Boston 2013 (3:55:00 pour ma catégorie d’âge), mais je manque de 30 secondes la qualif pour New York 2012 (pour 2013 on oublie : il faudra désormais faire 3:21:00, c’est hors de portée !). Honnêtement, je ne pensais pas m’en approcher tant !

Côté classement, je termine 16e / 106 de ma catégorie (dames III : 40-49 ans), et 35e / 230 femmes toutes catégories confondues. Le classement scratch hommes/femmes n'est pas indiqué (il y a 1057 hommes classés).

Voili, voilou, j’en termine enfin !!! J’aurai peut-être dû publier en plusieurs épisodes, ça aurait été plus digeste !

Demain, je dois subir une petite intervention (rien de grave, je vous rassure), et je serai hospitalisée 2 nuits. S'en suivront 3 semaines de convalescence où je ne pourrai malheureusement pas courir. Repos forcé donc, ce sera ma récup post-marathon ET ma pause annuelle

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Published by valcox - dans compétitions
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commentaires

rohnny 16/11/2011 21:55



Je découvre ton blog et je suis impressionné par le CR de ton marathon… Bravo aussi pour la
performance.


Je tiens un blog sur le jogging aussi, tu passes quand tu veux.



vinvin20 07/11/2011 00:11



C'est avec un peu de retard que je viens lire ton CR. Encore toutes mes feliciations!


Un bel aboutissement. Les photos sont magnifiques et on prend plaisir a te lire comme d'habitude. Et je vois que je ne suis plus le seul a te dire de changer le nom de ton blog!! Ou tout
simplement le modifié : Le blog d'une ancienne tortue marathonienne!



Svip 06/11/2011 19:09



Toutes mes félicitations pour ton marathon de Lausanne Valérie.


Mais bon, l'entraînement a été bien suivi et la preuve en est ton résultat.  Tu peux être super fier de ton chrono, c'est un super chrono!


Bon repos et à bientôt


Svip



calimero13990 04/11/2011 18:49



Pour ce qui est de BOSTON, les inscriptions 2012 sont closes depuis bien longtemps mais tu peux encore passer par un Tour Opérator même Français comme l'a fait un pote Canadien qui n'avait pas le
temps qualificatif!


Si çà t'intéresse, je peux demander au mien (Planet-Tours) s'il veut bien te prendre au cas où;-))



valcox 04/11/2011 19:25


Oui, oui, je sais bien, mais je parlais de 2013 ;-) J'ai lu sur leur site que les inscriptions ouvrent en septembre. Pour les agences, je crois qu'on doit être domicilié dans le même pays que
l'agence ... Mais merci pour la proposition:-)


julien 04/11/2011 12:05



bravo pour ce marathon parfaitement maitrisé !


Tu as su conjuguer concentratrion pour maitriser ton allure, et plaisir sur le parcours.


L'excellent chrono n'est finalement qu'une simple conséquence ;)


Bon courage pour ton "intervention". Repose toi bien avant pour y arriver en forme et pouvoir en sortir encore plus rapide (ment) !



doune 04/11/2011 11:09



t'as plus le choix.... go to Boston ! :)


Reposes-toi bien !



valcox 04/11/2011 16:16


Mais c'est que tout le monde ne met la pression avec Boston ! LOL


brigitte ruiz 04/11/2011 10:30



 Bonjour Valerie et bravo pour votre performance. J'étais au départ du marathon ( mon époux était meneur d'allure, en 3 h 15  ) mais j'ai fait le semi pour la première fois. Quelle
chance avec le temps !!


J'ai suivi votre entrainement avec attention, car j'ai bien l'intention de faire mon premier marathon l'an prochain ( j'ai la trouille ) et le régime rds m'interesse, où puis je trouver des
infos ?


Bonne convalescence et bon repos. Et encore bravo.


Brigitte



valcox 04/11/2011 16:15


Avec un mari meneur d'allure, pour 3h15 en plus !, ça doit être le top pour se préparer :-) Pour le régime RDS, j'avais trouvé des infos dans un numéro spécial marathon de Jogging International. Et
on trouve aussi pas mal d'infos sur le net. Je ne suis pas chez moi, là, mais je pourrai transmettre les liens à mon retour.


calimero13990 04/11/2011 07:04



C'est vrai que maintenant, il faut absolument que tu fasses BOSTON toi qui a fait NY car (de tous ceux que j'ai fait) c'est certainement celui où l'ambiance est la plus belle! 



valcox 04/11/2011 16:10


Je vais sérieusement y réfléchir ! Si l'ambiance surpasse celle déjà folle de NY, ça doit promettre ! Mais comment ça se passe pour les inscriptions ? C'est un peu la ruée vers l'or, non ? Et faut
aussi que je vérifie si Lausanne est reconnue comme course de qualification, comment savoir ?


Mijo 03/11/2011 14:56



Tu sais que plus les km filaient plus tu es belle sur les photos.


Il faut que tu fasses Boston maintenant. Tout le monde dit que c'est une expérience incroyable. Va leur montrer que la tortue suisse lance sa carapace et se transforme en gazelle.


Je trouve formidable ton évolution. Je n'en reviens pas de lire qu'il y a quelques mois tu peinais à tenir un pace de 5:11 sur 10 km et que maintenant tu le maintiens sur un marathon. C'est
motivant. Bravo à ton coach aussi car il a su te préparer un plan d'enfer. Bravo belle championne.


 



lnt.ptn 03/11/2011 13:04



VRAIMENT SUPER!!!


Qu'elle réci, quelle gestion de course, quelle moral d'acier.


A te voir sur la derniere ligne droite on se dit:


-"cette gazelle vas nous faire un ultra dans la foulée!"


vraiment champion.



Alain 03/11/2011 09:36



Bravo !!!!


Qu'écrire de plus avec l'entraînement et la course parfaits que tu as effectués... Tu n'as jamais douté et été convaincue par les objectifs de ta coach.


Je ne t'ai battu que de 30 secondes sur le retour, mon honneur est sauf, mais pour un rien . Cela démontre que ta
régularité et ta retenue sur l'aller payent à l'arrivée.


Bonne récup', tout de bon pour ta petite intervention et au plaisir de se retrouver au Footing.


Doune de la Runnosphère proposait de faire une rencontre lors de la Midnight Run - sera-tu de la partie ?


Alain



valcox 04/11/2011 16:06


Je ne suis pas sûre de vouloir courir la Christmas Run (faut être motivé pour sortir de son petit nid douillet pour aller courir sur les rues pavées, glissantes et escarpées de la vieille ville par
une froide nuit d'hiver !!!), mais une rencontre runnosphérique me tente bien :-) Du coup, p'têt que je vais quand même la courir ;-) Partante donc ...


calimero13990 03/11/2011 07:52



Tu as été Pro jusqu'au bout des ongles dans ta préparation entre l'entraînement, l'alimentation (même si je ne suis pas du tout fan du RDS dangeureux à mon goût!) et la récupération sagement
maîtrisée, il était donc juste que tu es une perf comme çà à l'arrivée.


Je te félicite encore pour ta belle gestion de course et je reste persuadé que tu as encore une belle marge de progression;-)


Bonne récup alors et à bientôt pour de nouvelles aventures!



Claire 03/11/2011 00:29



Wow! Toute une performance! Tu as vraiment toute mon admiration! Ta préparation était parfaite et tu as récolté les fruits de tes efforts! Tu as de quoi être fière, tu as réussi à dépasser de
plusieurs minutes les standards pour Boston, c'est vraiment un exploit! Bravo!!!



Luc Levesque 03/11/2011 00:22



Excellent marathon et très bonne gestion de course. Félicitation pour ta qualif pour Boston. Très fort. 



Patricia 02/11/2011 23:42



Valérie,


Quel superbe récit.  Je découvre ton blogue et je te dirais que le titre doit changer :) 


Tu as vraiment très très bien géré ta course.  Par ailleurs, que beau paysage pour un marathon!


Dis cet entrainement qui t'a permis de maitriser cette distance dans un si bon temps, quels en sont les éléments clés?


Bravo encore! 


Alors tu viens faire Boston en 2013?


 



valcox 04/11/2011 16:01


En fait, j'ai suivi les conseils de notre coach. Par rapport à ce que vous faites outre-Atlantique, disons que les sorties longues le sont beaucoup moins, peu ou pas d'allure marathon, par contre
beaucoup de fractionnés courts et longs. C'est l'enchaînement des séances qui nous apprend à courir sur la fatigue. Ceci dit, je pense que les 2 méthodes se valent (et il y en a encore d'autres).
Il faut aussi préciser que je ne suis en club que depuis le début de l'année, avant je m'entrainais seule, sans trop varier, et surtout irrégulièrement ! Enfin, les kilos perdus y sont aussi pour
quelque chose. Et cerise sur le gâteau, la confiance totale en notre coach y est pour beaucoup aussi je pense ;-) Pour Boston ... ça me tente, mais faut que je voie ça avec ma petite famille
(organisation, budget, ...). Et je n'ai jamais fait de marathon de printemps. Et puis encore faut-il être pris ! J'ai cru comprendre que ce n'est pas gagné d'avance !


Sandrunning 02/11/2011 21:22



Encore bravo Valérie pour ce superbe marathon ! On sent à travers ton récit que tu as pris plaisir du début à la fin de cette belle aventure ! Tu as tellement bien travailé ces derniers mois, tes
entraînements étaient de qualités et les résultats toujours meilleurs !!


Les photos souvenirs de ce marathon sont très belles, quelle allure  !!


Bon repos maintenant et continue à rêver, ce doit être tellement magnifique !!


Si tu avais réussi à gagner ces 30 minuscules et insignifiantes secondes, vous seriez retournés à NY l'année prochaine ?



valcox 02/11/2011 22:19


Ah ! La bonne question ! Honnêtement, je n'y ai jamais cru, mais du coup, je crois que la tentation aurait été très grande !!! Mais bon, se qualifier ne garantit pas un dossard non plus : encore
faut-il être rapide à l'ouverture des inscriptions !


JP75018 02/11/2011 21:07



Bravo pour ton marathon parfaitement maîtrisé!


Et merci pour ton CR précis et souriant! Ma foulée est assez voisine de la tienne.


La prochaine fois c'est 3H29 !



valcox 02/11/2011 22:22


Merci JP ! Ouf, 3h29, c'est une autre histoire ! Je crois que maintenant, si je progresse encore, ce sera dans une bien moindre mesure ! Laisse-moi déjà m'habituer à ce 3h38 ;-)


Sydoky 02/11/2011 19:06



Encore une fois BRAVO pour ce marathon que tu as super bien géré Et je pense que tu vas encore progresser et faire
mieux sur un marathon plus plat 


Pour le RDS je ne fais pas non plus la sortie intense.


Bravo aussi à Evaristo pour son semi


Bon repos Valérie.



valcox 02/11/2011 22:22


Merci Sylvie !


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